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Vigilance accrue face à la chrysomèle du maïs

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la verse végétative. Les larves dévorent les racines coronaires, ce qui provoque © C. Fricotté

La lutte contre l’insecte n’étant plus obligatoire depuis 2014, son nombre a explosé dans les régions historiques et il s’est développé dans le Sud-Ouest.

«L’année 2019 est une année charnière, déclare Jean-Baptiste Thibord, spécialiste des ravageurs du maïs chez Arvalis. C’est la première fois que des agriculteurs d’Alsace ou du Rhône-Alpes nous disent avoir aperçu des chrysomèles, parfois en nuées. Il n’y a pas de quoi s’alerter, mais cela indique que nous sommes à l’aube de découvrir les premiers dégâts dans nombre de parcelles. »

C’est précisement le cas pour une parcelle de Rhône-Alpes, où des pertes ont été été mises en évidence par un coup de vent qui a provoqué la verse des maïs cet été. Il a fallu douze ans pour observer les premiers dégâts en France, quand en climat continental, le délai est plutôt de six à sept ans.

« Parallèlement, on remarque la progression de foyers de chrysomèles n’a cessé de se poursuivre, ce qui, rappelle Jean-Baptiste Thibord, n’est pas inattendu pour un insecte invasif. »

Selon les derniers chiffres, plus de 32 000 ravageurs ont été piégés en Alsace cette année. En Rhône-Alpes, le nombre des captures dépasse 25 000. Puis, viennent par ordre d’importance : le Poitou-Charentes, l’Aquitaine, la Paca et l’Ile-de-France. « Nous notons une multiplication des foyers dans le grand Sud-Ouest », souligne Arvalis.

Pour l’institut, cette situation était prévisible, d’autant que l’introduction de Diabrotica virgifera virgifera via l’Allemagne et l’Italie est quasi permanente. Elle incite à continuer la surveillance. « Dans les zones géographiques non infestées, il faut apporter une attention particulière aux parcelles de maïs situées à proximité immédiate d’une aire de stationnement, d’une zone industrielle avec trafic routier ou aéroportuaire, d’une zone touristique… », rappelle Arvalis.

Rotation nécessaire

Le réseau d’observation utilise principalement des pièges à phéromones. Cependant, dans les secteurs où la présence du ravageur est largement confirmée, il est désormais conseillé d’employer des pièges chromatiques (jaunes) pour initier le travail de pilotage du risque à la parcelle. Toutefois, pour le moment, peu de parcelles sont concernées. Une fois les chrysomèles piégées, l’institut recommande de mettre en place une rotation à l’échelle de l’exploitation, pour limiter les populations. Cette rotation sera d’autant plus stricte que le nombre de chrysomèles était élevé l’année précédente. Il s’agit d’adapter les mesures de lutte en fonction de l’abondance de population observée dans les différents secteurs géographiques (voir tableau ci-contre). Dans la prise de décision, il faudra également intégrer l’exposition au stress hydrique de la parcelle (type de réserve utile, irrigation ou non).

« Certes, l’agriculteur garde sa liberté. Mais charge à lui, en toute connaissance de cause, de continuer à implanter du maïs ou à mettre en place une autre culture. En cas de risque, il sera le premier pénalisé ! », rappelle Jean-Baptiste Thibord.

Céline Fricotté

Chryso-Pop : un outil simple et fonctionnel bientôt disponible

Chryso-pop devrait être déployé pour la prochaine campagne. Il s’agit d’une application de surveillance participative de la chrysomèle du maïs. L’idée est de mettre à disposition gratuitement les pièges, à phéromones ou chromatiques, en fonction des zones. Ensuite, l’agriculteur sera accompagné pour la mise en place des pièges.En échange des informations qu’il aura collectées, il bénéficiera de recommandations techniques adaptées à sa situation. L’outil sera complémentaire des réseaux de surveillance biologique du territoire.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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