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Veiller à une utilisation raisonnée des antilimaces

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Qualité des eaux - Veiller à une utilisation raisonnée des antilimaces
Le port d’équipements de protection individuelle est également requis lorsque l’on manipule les molluscicides. © Jean-Michel Nossant Archives

Afin de préserver la qualité des eaux superficielles, la maîtrise de l’épandage des molluscicides est essentielle en bordure de champ.

Avec la sécheresse des dernières semaines, la lutte contre les limaces peut sembler éloignée des préoccupations. Toutefois, les séquences climatiques heurtées de la dernière campagne (pluviométrie exceptionnelle pendant plusieurs mois) montrent qu’il est intéressant d’y revenir. Et ce d’autant plus que les molluscicides restent des produits phytosani­taires qui réclament, comme les autres, des précautions d’emploi.

Respecter les ZNT

Seules deux molécules sont actuellement sur le marché. Le métaldéhyde est une substance active utilisée en agriculture conventionnelle et la plus employée en quantité. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un changement réglementaire il y a peu (voir l’encadré ci-dessous). Quant au phosphate ferrique, il s’agit d’une solution de biocontrôle (également autorisée en bio). Il est donc essentiel de respecter les bonnes pratiques pour conserver ces deux modes d’actions. Or, si les eaux souterraines sont rarement impactées, la présence de métaldéhyde dans les eaux de surface est parfois détectée. D’ailleurs, comme on peut l’apprendre en consultant le site internet Zéro dans l’eau (voir l’encadré ci-dessus), lorsqu’un granulé est projeté sur un point d’eau, la totalité du métaldéhyde qu’il contient se retrouve dans l’eau, dégradant fortement sa qualité, avec un impact beaucoup plus important que celui lié à une dérive de pulvérisation avec un autre produit phytosanitaire.

« Un épandage de bord de champ mal maîtrisé projette des granulés anti-limaces directement dans les fossés et les cours d’eau, rappelle la société De Sangosse, qui commercialise différents molluscicides. Il est ainsi obligatoire de respecter une zone non traitée (ZNT) de 5 mètres en bordure de tout point d’eau sous peine de sanction administrative. » Le phosphate ferrique n’échappe évidemment pas à cette règle.

Pour ne pas épandre en dehors du champ ou sur des ZNT, il est donc primordial de bien positionner son matériel dans la parcelle. « Les épandeurs électriques monodisques manquent de précision et peuvent avoir en moyenne une portée supérieure de 3 mètres à celle programmée », ajoute la firme. Une dissymétrie gauche/droite de la zone d’épandage est aussi possible avec ce type de matériel. Il faudra donc se déplacer à l’intérieur de la parcelle en se plaçant au minimum à 15 mètres de la ZNT lorsqu’on travaille en largeur de 24 mètres.

Céline Fricotté

Démarche zéro dans l’eau

Le site https://zerodansleau.fr qui a été lancé en juillet a pour ambition d’apporter « les informations et outils permettant d’épandre les granulés en toute sécurité, sans déborder de la parcelle, et donc de respecter l’ensemble des exigences réglementaires ». Pour le moment, la firme De Sangosse adhère à cette démarche mais d’autres structures (Ceta, Cuma, prescripteurs…) devraient la rejoindre.

Stocker en local phyto

Toutes les spécialités dont la concentration en métaldéhyde est supérieure ou égale à 3 % sont désormais classées « reprotoxiques de catégorie 2 » (CMR2, mention de danger H361f). Ainsi, une grande partie des produits commercialisés devront respecter des règles de stockage strictes en local phytosanitaire, avec une obligation à compter du 9 septembre 2021 (règlement européen entré en vigueur le 9 mars 2020). Concernant les autres produits, il est possible de les stocker dans un local sous clé, sec et aéré, à l’abri du soleil, hors de portée des enfants et des animaux. Attention, il s’agit d’une latitude accordée seulement par certains inspecteurs…

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Cet article est paru dans La France Agricole

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