Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Un sol couvert en permanence »

réservé aux abonnés

 - -->
Ci-dessus, le couvert d’été, courant septembre : « Quand je sème dedans, la végétation est plus haute que le tracteur », détaille Jordan Mounet. © H. Quenin

Depuis quatre ans, Jordan Mounet alterne cultures et couverts végétaux en semis direct. Son objectif : produire un maximum de biomasse pour les sols.

Jordan Mounet est installé à Miramont-Sensacq, dans le sud-est des Landes. Il a fait le choix d’arrêter le labour en 2012. Après un travail au décompacteur plus herse pour éclater la semelle de labour, il passe au semis direct en 2014 sur les cultures d’hiver, puis développe la pratique des couverts et du semis direct sur couverture végétale à partir de 2015.

De l’avis de l’agriculteur, les sols limono-argileux (15 à 18 % d’argile) de l’exploitation étaient fatigués par des années de monoculture de maïs, de légumes d’industrie et de pratique de labour : « Ils ont été acidifiés par les épandages de lisiers, compactés par les enchaînements de cultures et le passage de machines lourdes », juge-t-il.

Jordan intègre systématiquement un couvert hivernal dans l’interculture maïs-soja. Afin de remonter le taux de matière organique plus rapidement et travailler le sol en évitant qu’il ne se reprenne en masse, il fait un double couvert, un estival suivi d’un autre hivernal, dans l’interculture triticale-maïs : « Je ramène ainsi un maximum de carbone dans la terre, l’équivalent de 30 t/ha de matière sèche (MS). »

Une rotation maïs grain-soja-triticale est en place, depuis deux ans, sur 100 ha. Tout est autoconsommé par l’atelier d’élevage-gavage de canards gras. Le sol, remué le moins possible, est végétalisé en permanence de façon « morte ou vivante ». Les semis de couverts ou des cultures sont réalisés dans la végétation. Celle-ci, couchée par le passage du semoir, est par la suite roulée. « J’utilise un semoir à disques Gil pour les céréales et les couverts, et un semoir monograine Sola Prosem K pour le maïs et le soja », précise l’agriculteur. Les couverts sont diversifiés. En été, des espèces gélives, type sorgho fourrager piper, tournesol (semence fermière) et radis chinois, exploitent les différents horizons du sol. « J’apprécie le sorgho qui fait un paillage fin et abondant, couvre le sol très longtemps, limitant la poussée d’adventices jusqu’au semis de maïs. » Le couvert d’hiver est un mélange de féverole, vesce velue, seigle forestier et phacélie.

Sol plus poreux

Au bout de quatre ans, les résultats lui semblent positifs : « Le sol me paraît plus poreux et conserve mieux l’humidité. J’espère restaurer la vie microbienne. En tout cas, les vers de terre sont bien visibles. La productivité se maintient, en moyenne 110 q/ha pour le maïs sec, 35 q/ha pour le soja et 75 q/ha pour les triticales », se réjouit l’agriculteur. Le maïs semé en 40 cm d’interrangs se récolte avec un cueilleur d’écartement classique (80 cm) : « On prend deux rangs à la fois. On coupe juste sous l’épi pour garder les cannes droites dans le champ et réduire les résidus au sol. C’est plus facile pour semer le couvert, de biais pour ne pas prendre les rangs de maïs de face. » En 2017, les analyses révélaient un taux de matière organique de l’ordre de 2 %. Un nouvel examen devrait être effectué d’ici à la fin de l’année.

Hélène Quenin

Une gestion difficiledes limaces

Jordan Mounet observe peu de dégâts de campagnols, mais la gestion des limaces reste préoccupante. Les deux derniers printemps, particulièrement froids et pluvieux, ont compliqué la tâche, le sol est resté à basse température et s’est mal ressuyé. « Pour mes prochains semis de maïs et de soja, je vais atteler un rouleau Faca à l’avant du tracteur de manière à écarter la végétation du sillon afin qu’il se réchauffe plus vite, explique l’agriculteur.

Je pense également simplifier le couvert hivernal précédent la culture de soja avec uniquement du seigle forestier pour réduire la densité de végétation. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !