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Un sarrasin entreun pois d’hiver et un blé

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Le sarrasin a démontré son potentiel de concurrence vis-à-vis des adventices. Sur la bande témoin non-semée, de nombreuses levées de matricaires et chardons ont été observées. © Nicolas Latraye, Terres Inovia

Sur la plate-forme Syppre Picardie, le blé noir permet de gérer les adventices et de limiterles pertes d’azote. Lorsque sa récolte est possible, il augmente la rentabilité du système.

Le sarrasin a beau ne pas avoir d’institut dédié, il intéresse autant Terres Inovia qu’Arvalis. Et pour cause… « Il permet notamment de valoriser un précédent pois d’hiver, suivi d’une longue interculture avant un blé », illustre Nicolas Latraye, responsable de la plate-forme Syppre Picardie, où l’intérêt de cette polygonacée dans la rotation est étudié.

Concurrencerles chénopodes

En 2018, l’ingénieur développement de Terres Inovia ressème à deux reprises la féverole, en raison « d’un gros problème d’oiseaux ». Il baisse les bras et implante la variété de sarrasin Lileja le 14 juin - date exceptionnellement précoce étant donné les circonstances - à une dose de 43 kg/ha, sur deux des trois parcelles (1). Une semaine après le semis, la culture dérobée lève ; le salissement est modéré. Seules quelques zones avec une forte levée d’adventices sont broyées afin d’éviter le salissement des modalités voisines. « Le sol a été retravaillé avant le semis du sarrasin, lequel n’a pas été en mesure de concurrencer les chénopodes », précise Nicolas Latraye.

Le blé noir, récolté le 27 septembre, a donné « un excellent rendement de 24 q/ha­ en moyenne », poursuit l’ingénieur. Les graines ont été conservées pour réitérer l’expérience l’an prochain.

Une parcelle propre

Le 9 juillet, afin d’éviter la levée des adventices et de limiter l’assèchement du sol, le semis du sarrasin a été réalisé en direct avec le semoir Easydrill (même densité), après la récolte du pois d’hiver le 5 juillet (une croix a été mise sur la féverole). Si les conditions d’implantation ont été satisfaisantes, l’absence de pluie a été responsable d’une levée tardive de la culture intermédiaire au 28 juillet, après une période de précipitations. Le développement de la polygonacée n’a pas été optimal et les premières fleurs ne sont apparues que mi-septembre. Afin d’éviter toute relevée hivernale du blé noir, il a été décidé de le détruire le 26 septembre, avant la fructification. « Bien que sa récolte ait été compromise, le sarrasin nous a permis de garder une parcelle propre et d’éviter les fuites d’azote après le pois d’hiver », relativise Nicolas Latraye.

L’essai a démontré son potentiel de concurrence vis-à-vis des adventices. Une bande non-semée a été laissée dans les parcelles et de nombreux chardons et matricaires ont été observés, alors que peu d’adventices étaient présentes dans les parties semées. Cette année, le sarrasin à produit 741 g/m² de matière verte et a piégé 29 unités d’azote dans ses parties aériennes.

Isabelle Lartigot

(1) Sur la troisième parcelle, la féverole avait étéconservée.

Une rotation innovante sur neuf ans

Située près d’Estrées-Mons, dans la Somme, la plate-forme expérimentale Syppre Picardie s’étend sur 10 ha de limons profonds. Y sont testés un système témoin, soit une rotation de six ans (betterave, blé, pomme de terre, blé, pois de conserve ou colza d’hiver un an sur trois, blé), ainsi qu’un système innovant sur neuf ans (ci-contre). Chacune des cultures des deux systèmes est présente chaque année. Le dispositif compte quinze (six + neuf) modalités, avec trois répétitions pour chaque terme de la rotation, soit quarante-cinq parcelles. Le sarrasin, qui ne nécessite aucune intervention en culture, prend une place importante en raison de ses nombreux atouts agronomiques.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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