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Une attractivité contrastée pour l’abeille selon la variété

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Tournesol - Une attractivité contrastée pour l’abeille selon la variété
Certains paramètres internes aux colonies impactent la performance des abeilles domestiques, comme la charge en varroa, un acarien parasite, ou le nombre d’abeilles à naître, qui détermine la force de travail. © Claudius Thiriet

Cette culture à floraison massive constitue une source de nectar importante pour les abeilles. Les professionnels observent pourtant une diminution de la production de miel de tournesol depuis dix ans.

En France, le miel de tournesol représente 6,6 % de la production nationale, qui s’élevait à 27 736 t en 2019, selon les données de FranceAgriMer. À l’instar du colza, cet oléagineux a fortement contribué au développement de l’apiculture et d’un modèle industriel dans les années 1980.

La floraison du tournesol présente, en effet, l’avantage d’intervenir en été, période déficitaire en ressources alimentaires pour les insectes. La plante bénéficie, en retour, de la pollinisation pour sa production grainière. « En fonction de la variété, la dépendance aux insectes peut aller jusqu’à 40 % », précise Nicolas Cerrutti, chargé d’étude biologie fonctionnelle à Terres Inovia.

Une perte de potentiel

« Les professionnels rapportent des difficultés pour produire du miel de tournesol, avec une importante variabilité de rendements, plus faibles qu’il y a trente ans, explique l’expert. Ils s’interrogent sur une éventuelle dégradation du potentiel mellifère du tournesol, en lien avec la sélection variétale. » Terres Inovia a ainsi travaillé sur l’attractivité du tournesol pour l’abeille domestique, dans le cadre du projet ApiTour, mené en partenariat avec l’Institut de l’abeille (Itsap) et la coopérative des apiculteurs de l’Ouest, et piloté par Terrena.

Une expérimentation de trois ans a été mise en place sur deux sites, et la fréquentation des abeilles mesurée sur 11 variétés, en conditions naturelles pendant la floraison. Les résultats montrent des différences d’attractivité selon les cultivars, mais qui restent stables d’une année sur l’autre. « Aucune des variétés testées n’est totalement délaissée par les abeilles », rapporte Nicolas Cerrutti. Les observations n’ont montré aucun effet sur l’attractivité du caractère VTH (variétés tolérantes aux herbicides), oléique, ou encore de l’année d’inscription. « Des tests ont aussi été effectués sur des variétés très anciennes de “l’âge d’or” de la production de miel selon les producteurs, mais n’ont pas montré une fréquentation supérieure, ajoute-t-il. Le niveau de fréquentation est sous la dépendance de facteurs déterminés génétiquement, à savoir la profondeur des fleurons ou la composition en sucre du nectar. »

Une variété plus fréquentée ne signifie pas pour autant une production de miel supérieure. « Il n’existe pas de lien démontré entre le niveau de fréquentation d’un cultivar et le potentiel mellifère. Aucun sens n’a pu être donné à la notion d’attractivité au regard de l’enjeu que représente la production de miel, dans le cadre du projet ApiTour », indique le spécialiste.

Justine Papin

Les déterminants du miel

« Pour produire du miel, il faut d’abord que la ressource de nectar soit disponible et attractive, » rappelle Nicolas Cerrutti, chargé d’étude biologie fonctionnelle à Terres Inovia. Plusieurs facteurs entrent en jeu : l’état hydrique de la culture, le volume de nectar sécrété par la plante, la quantité et la composition des sucres qui le composent. « Mais aussi la morphologie florale et la profondeur des fleurons : en fonction de la longueur de leur pièce buccale, les abeilles seront en mesure ou non de le collecter. Il existe également des paramètres internes aux colonies. »

Les pratiques apicoles et les conditions pédoclimatiques conditionnent de même l’activité des abeilles.

Une étude à approfondir

Nicolas Cerrutti souligne la nécessité de poursuivre les études pour identifier « tous les facteurs potentiellement impliqués dans la sécrétion de nectar ainsi que son accessibilité, et hiérarchiser leur influence en lien avec les conditions climatiques. Il faudrait un élargissement de la réflexion à l’échelle du territoire, de manière à mieux caractériser l’abondance de la ressource disponible. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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