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Tournesol : lutter contre les oiseaux grâce au semis sous couvert

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Sur le site de Ligardes, dans © Terres Inovia

La féverole en tête, mais aussi l’orge dans une moindre mesure offrent certains bénéfices à la culture, avec à la clef un meilleur rendement.

Depuis 2015, Terres Inovia teste des stratégies de lutte contre les oiseaux déprédateurs du tournesol. Le semis sous couvert de féverole, d’orge et de lentille a fait l’objet d’essais en bandes, dont certains sont menés en partenariat avec la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, sous l’acronyme Scot (1).

L’implantation de la culture dans un couvert en place a pour objectif de masquer les plantules et de créer une confusion visuelle pour les pigeons ramiers essentiellement. Il s’agit alors de mesurer l’impact du couvert sur les attaques d’oiseaux au semis, de s’assurer de l’absence de compétition entre le couvert et le tournesol, et d’évaluer la possibilité d’un effet précédent du couvert sur le rendement de la culture.

Dans un premier temps, trois espèces de couvert ont été mises en place au mois de février-mars selon les régions. La féverole d’hiver ou de printemps a été semée à 50 grains/m² , l’orge de printemps de 150 à 200 grains/m² et la lentille à 200 g/m². Jusqu’alors les couverts étaient détruits peu avant ou au moment du semis (mi-avril) au glyphosate et « ça pouvait tenir la route, s’enthousiasme Christophe Sausse, ingénieur Terres Inovia. D’une part, nous avons noté un meilleur peuplement du tournesol protégé par la féverole et l’orge. D’autre part, les attaques d’oiseaux ont été moins nombreuses dans ces deux cas. Ont-ils été gênés dans leur déplacement ? Ont-ils moins bien repéré le tournesol ? »

+ 6 q/ha sous la féverole

En revanche, « la lentille a été abandonnée car elle offre une couverture du sol trop faible », précise Aline Vandewalle, de la chambre d’agriculture, d’où une baisse significative du rendement du tournesol. Pour exemple, sur l’essai de Ligardes (Gers), le rendement de la culture a atteint 33,7 q/ha sous la lentille, contre 37,1 q/ha sous l’orge et 39,2 q/ha sous la féverole, soit un gain de 6 q/ha par rapport au tournesol seul. L’orge offre moins de bénéfices que la féverole. Elle est plus agressive, plus compliquée à détruire, elle génère davantage de concurrence avec le tournesol, et elle n’offre pas d’effet précédent.

En outre, le glyphosate étant sur la sellette, « on retourne au stade recherche, car il va falloir trouver de nouvelles solutions de destruction du couvert », poursuit Christophe Sausse.

Choisir le mode de destruction approprié

Le binôme planche donc sur de nouveaux scénarios. « Ne pourrait-on pas profiter d’un « couvert relais » après l’interculture détruite en novembre, et ainsi lutter contre l’érosion, notamment pour les coteaux exposés ? Le couvert resterait en place tout l’hiver, avant d’entreprendre une destruction mécanique superficielle à la herse rotative. Cela permettrait l’obtention de résidus hachés, qui protégeraient les plantules de tournesol, sous réserve de pouvoir le semer correctement. Un autre mode de destruction serait d’utiliser un rouleau Faca à lames avant le semis, ce qui coucherait le couvert. En espérant que ce dernier ne reparte pas. Mais les oiseaux seront-ils assez perturbés ? », se questionne Christophe Sausse. Et à Aline Vandewalle d’ajouter : « L’orge peut aussi être broyée, puis détruite avec un antigraminées. »

Enfin, les deux entités vont tester une modalité avec de la féverole d’hiver semée à faible densité (25 grains/m²) et détruite par binage une fois que le tournesol est levé. « Malheureusement, il y a très peu de recherche fondamentale sur les oiseaux, contrairement aux insectes ou aux maladies… », conclut-il.

Isabelle Lartigot

(1) Semis sous couvert contre les oiseaux déprédateurs du tournesol.

Des caméras intelligentes

Le projet C3-PO (1), lancé début 2019 et qui durera deux ans, a pour objectifs

- grâce à des caméras couplées à un nano-ordinateur - la détection et le comptage automatisé, le positionnement des oiseaux sur la parcelle, ainsi que l’identification de la famille.

Ce système sera associé à des enquêtes auprès des producteurs, et des moyens de suivi aéroportés et embarqués afin de cartographier le peuplement cultivé, ainsi que le rendement. Le projet permettra de développer des appareils effaroucheurs acoustiques et/ou visuels réagissant à la présence d’oiseaux, ou d’acquérir des connaissances sur le comportement des oiseaux aux échelles parcelle et paysage.

(1) « Compter, cartographier et caractériser pour mieux prévenir les dégâts d’oiseaux. » Ce projet, de l’institut Carnot Plant2Pro, est mené par Terres Inovia et l’UMR Agronomie de l’Inra de Grignon.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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