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Tenter une culture dérobée

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Choix. Le sarrasin peut être récolté directement, ou en andains. © J.-M. NOSSANT

Agronomie, économie, environnement : autant de raisons d’essayer une culture en dérobée.

Bien choisies, les cultures dérobées rompent le cycle de certaines maladies (piétin échaudage, par exemple) et assurent un complément de revenu à l’hectare non négligeable. Les bénéfices environnementaux sont nombreux : protection vis-à-vis de l’érosion, augmentation de la teneur en matière organique, piégeage du carbone, amélioration de l’activité biologique, biodiversité…

« Réussir une culture dérobée, c’est engager une course contre la montre », déclare Jean-Charles Renaudat, gérant de la société du même nom et producteur de nombreuses espèces dédiées à l’interculture.

En premier lieu, il faut s’assurer de la disponibilité en semences de l’espèce voulue et… trouver un débouché. Ensuite, le choix du précédent est important, compte tenu du cycle court de la culture à venir. Les précédents à récolte précoce, comme le pois d’hiver et l’orge d’hiver, sont à privilégier.

Assurer levée et récolte

« En pratique, pour les petites graines au moins, moissonneuse et semoir devraient cohabiter dans le même champ, poursuit Jean-Charles Renaudat. Sitôt la paille broyée et bien répartie en surface pour couvrir le sol, le semis peut débuter. Avec l’expérience, ma préférence se porte vers les semoirs à dents, qui placent la graine dans l’horizon inférieur exempt de résidus. Ainsi, les jeunes pousses n’entrent pas en concurrence avec la paille, que ce soit pour l’eau ou pour l’azote. »

Parmi les petites graines susceptibles de trouver un débouché, le sarrasin est un candidat incontournable. Semée entre 30 et 40 kg/ha, selon le poids de mille grains, la graine sera déposée entre 2 et 3 cm de profondeur et le terrain sera roulé. Les besoins azotés, de 40 u/ha, sont généralement couverts par les reliquats laissés par le précédent, notamment le pois. Aucun désherbant n’étant homologué sur cette culture, les repousses d’orge peuvent être pénalisantes, si elles sont trop denses. Quant à la récolte, effectuée courant octobre, deux solutions sont envisageables. « En absence de défoliant homologué, la récolte directe est possible en période sèche, ou après coupe et mise en andains par temps moins clément, explique Jean-Charles Renaudat. Dans les deux cas, un passage par le séchoir est indispensable pour assurer la conservation. »

Une moutarde semée fin juin peut parvenir à maturité rapidement, trois mois plus tard. En absence d’acheteur, les graines servent à couvrir les besoins personnels de l’agriculteur pour ses futurs Cipan (cultures intermédiaires pièges à nitrates). Les graines assez lourdes (PMG 6-8 g) autorisent un semis à la volée (8-10 kg/ha).

« Risquée financièrement, une culture dérobée de soja et de tournesol s’adresse exclusivement aux irrigants, afin d’assurer la levée et le rendement », prévient cependant Claire Martin-Monjaret, ingénieur Terres Inovia à Baziège. En soja, avec les groupes de précocité 000 et 00, le choix variétal est plus large qu’en tournesol, où il faut privilégier les variétés précoces classées TPS phomopsis.

« A cette époque, le semis direct est recommandé, car une journée de gagnée au semis équivaut à quatre jours à la récolte, dont la date ne devrait pas excéder le 15 octobre sous nos latitudes, » précise Claire Martin-Monjaret.

Vincent Thècle
Fourrages : un appoint intéressant

Plusieurs espèces sont adaptées à une culture en dérobée pour fournir un fourrage d’appoint. Parmi celles-ci, figure le sorgho fourrager, qui doit être semé après labour dans une terre réchauffée (> 14 °C), entre 25 et 30 kg/ha. Très concurrentiel, il peut néanmoins être désherbé mécaniquement (herse étrille). Ses besoins azotés sont de l’ordre de 60 u/ha, pour une production de 4 à 6 t/ha de MS récoltées 90 jours plus tard.

Capable de produire de 3 à 5 t/ha de MS pour une valorisation en pâture, le colza fourrager se sème dès mi-juin après un simple déchaumage à 8-10 kg/ha. Il étouffe aussi les adventices. Ses besoins azotés sont d’une cinquantaine d’unités.

« 3 cultures en 2 ans »

Société de conseil en agriculture, Green Flex vient de créer un réseau « 3 cultures en 2 ans ». Présenté à ses partenaires le 25 avril dernier, ce projet de filière vise à vérifier la faisabilité des systèmes dans différentes régions en testant les variétés, les modes d’implantation, l’introduction du soja dans les rotations, etc.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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