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Comment gérer au mieux les dégâts de pigeons

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Soja - Comment gérer au mieux les dégâts de pigeons
Les pigeons ramiers attendent la levée du soja pour consommer les cotylédons. Dès que la première feuille est sortie, la plantule est beaucoup moins sensible. © Anne-Laure Durand

Les pertes occasionnées par ces oiseaux peuvent être conséquentes. Tour d’horizon des solutions existantes.

«Dans les bassins d’origine de production (Sud-Ouest et Bourgogne-Franche-Comté), on observe peu d’attaques de pigeons ramiers sur le soja, car le tournesol y est aussi cultivé et il est plus appétant pour les colombidés », indique Charlotte Chambert, référente soja chez Terres Inovia. Les dégâts de palombes concernent surtout les nouvelles régions productrices où le tournesol est absent des assolements.

Efficacité partielle

Contrairement aux corvidés, qui peuvent faire des dégâts dès le semis, les pigeons attendent la levée du soja pour consommer les cotylédons. « Ce sont les réserves de la plante au début de son développement. S’ils sont mangés avant la sortie des premières feuilles unifoliées, la plantule va dépérir », explique Charlotte Chambert. À l’aide d’une caméra prenant des photos toutes les quinze minutes, une étude réalisée en 2018 a montré que les oiseaux étaient plus actifs à l’aube et en soirée.

De nombreuses méthodes d’effarouchement existent. Les canons à gaz et les pistolets lance-fusées sont les plus employés, dans la mesure où le voisinage le permet. Les cerfs-volants imitant le vol d’un rapace sont simples d’utilisation, mais leur efficacité dépend du vent. Des dispositifs plus élaborés et plus coûteux peuvent être adoptés : effaroucheurs sonores imitant les cris de prédateurs ou de détresse, couplés à un épouvantail gonflable ; canons classiques améliorés avec l’ajout d’un leurre propulsé le long d’un mât. Toutes ces techniques offrent une protection sur de faibles surfaces (2 à 3 hectares en moyenne), obligeant à investir dans plusieurs équipements.

Les cerfs-volants effaroucheurs sont efficaces grâce à leurs mouvements continus et aléatoires. © Anne-Laure Durand

L’accoutumance est une autre limite importante. Pour y remédier, Christophe Sausse, chargé d’étude sur les oiseaux déprédateurs chez Terres Inovia, conseille : « Il faut privilégier la plage d’activité des volatiles, mettre en place les effaroucheurs au dernier moment et les déplacer régulièrement. » Le tir de destruction est également possible en dehors des périodes de chasse, si le pigeon ramier est classé « nuisible ». Il existe, par ailleurs, une offre de produits répulsifs, mais les résultats sont aléatoires et souvent peu probants. « En 2017, j’ai pulvérisé un répulsif naturel sur une vingtaine­ d’hectares, avec un coût de 45 €/ha.­ Il n’y a eu aucun effet protecteur », rapporte­ Éric Villette, agriculteur à Iverny (Seine-et-Marne).

Le semis sous couvert est une autre stratégie à l’étude sur le tournesol et potentiellement applicable à la culture du soja. Cette technique crée une confusion chez les oiseaux en brouillant la détection des plantules. « Cependant, la complexité de cette conduite et l’avenir incertain du glyphosate rendent peu probable sa généralisation », note Christophe­ Sausse.

Anne-Laure Durand

À savoir

En France, le nombre de pigeons ramiers a augmenté de 169 % depuis 1989. Cette espèce dite généraliste tire profit des changements environnementaux en étendant son aire de répartition.

Témoin
« Tester plusieurs méthodes » Guillaume Brayer, SCA de la ferme de Godefroy, à Chamigny (Seine-et-Marne)

« Je passe trois ou quatre fois par jour dans mes parcelles pour tirer plusieurs fusées. Il faut qu’elles soient de différents types pour éviter que les pigeons ne s’habituent. Cela fait six ans que je cultive du soja et cette année je vais tester l’enrobage des semences avec un mélange d’épices alimentaires. Je vais également disperser quelques tas de plumes d’oie ou de canard pour faire croire aux oiseaux qu’il y a un prédateur. L’année dernière, un voisin avait accroché plusieurs big-bags au mât de son télescopique qu’il avait laissé au milieu de son champ. C’était plutôt efficace. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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