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Soja-cameline, meilleure association pour lutter contre le salissement

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Les travaux sur l’association soja-cameline vont se concentrer sur les densités de semis en fonction des différents écartements de l’oléoprotéagineux. © François Boissinot

Au nord de la Loire, la crucifère de printemps est une alliée pour maîtriser les adventices sur le rang de l’oléoprotéagineux conduit en bio.

Autant le désherbage mécanique interrang en soja biologique est maîtrisé et efficace grâce au binage, autant il ne l’est pas sur le rang. Depuis 2014, François Boissinot (1) a mis en place des essais au nord de la Loire (2) en installant des plantes compagnes peu concurrentielles du soja et compétitives vis-à-vis des adventices. Objectif : lutter contre le salissement sur le rang. « Cette année a été particulièrement symptomatique puisque, sur les mois d’avril à juin, la météo a été irrégulière, avec des périodes de froid et de pluies sur dix à quinze jours. Or, pour réussir le désherbage mécanique, les conditions doivent être sèches et ensoleillées », explique-t-il.

Parti avec très peu de références et aucune bibliographie, plusieurs associations ont été testées. « Les légumineuses comme les lentilles, le pois ou les trèfles n’ont pas été retenues en raison de leur démarrage lent et de leur faible compétitivité pour l’azote du sol consommé en priorité par les adventices. De même pour les céréales de printemps, trop concurrentes du soja », poursuit François Boissinot. Une piste intéressante aurait pu être les céréales d’automne, à l’instar du seigle ou de l’avoine qui, semés au printemps, « font des feuilles mais ne montent pas à graines ». Cependant, leur concurrence « importante pour l’eau avec le soja » s’avère problématique.

La bonne compagne

Pour François Boissinot, les deux meilleures associations sont soja-sarrasin et, mieux encore, soja-cameline. « Le sarrasin est très vigoureux, il démarre vite et bloque la germination des graines d’adventices via un effet allélopathique. En revanche, sa floraison est indéterminée. La plante reste verte jusqu’à la récolte du soja et induit un microclimat sur la parcelle qui ralentit la maturité de celui-ci », détaille-t-il. Si la récolte se fait en même temps, il faut battre les graines, puis être en mesure de sécher celles de sarrasin encore humides. Ou il est possible d’andainer, puis de moissonner avec une barre de coupe équipée de peignes.

La cameline est une crucifère de printemps, qui démarre vite en rosette, fait beaucoup de feuilles, monte en une seule tige avec peu de feuilles, et est aussi grande que le soja. Son cycle est également plus court. « Le soja est sensible au salissement sur le rang en début de cycle, d’où l’intérêt de la cameline, agressive vis-à-vis des adventices au démarrage », précise François Boissinot. Et elle n’est pas pénalisante à la récolte du soja, puisque déjà arrivée à maturité. « Il est possible de récolter les deux plantes en même temps, d’autant que les graines de cameline sont plus petites que celles d’un trèfle. En revanche, il y a très peu de débouchés. Mais si elle n’est valorisée que pour les semences de la campagne suivante, c’est suffisant. Son objectif est vraiment d’être une plante de service », résume-t-il.

Isabelle Lartigot

(1) Chargé d’études à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

(2) Avec l’Institut de recherche en agriculture biologique suisse (FIBL), d’autres chambres d’agriculture et Terres Inovia.

Perspectives

« À ce jour, la méthode n’est pas encore utilisable par les agriculteurs. Il nous faut trouver une technique de semis adaptée à leur matériel, sans que cela ne nécessite trop d’investissements », regrette François Boissinot. En effet, le soja et ses plantes compagnes ont des PMG et des densités de semis différents. « Or, pour une association réussie, il faut maintenir un niveau de concurrence soja-plante compagne qui est de 1 pour 1 avec la cameline. Une des hypothèses envisagée est d’utiliser l’adhésif de l’inoculum Force

 48 pour coller la graine de la crucifère à celle de l’oléoprotéagineux. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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