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Sept systèmes de cultures à l’étude, sans les opposer

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Essais - Sept systèmes de cultures à l’étude, sans les opposer
Performance nourricière, bio, conservation des sols, haute valeur environnementale… Un panel de systèmes est exploré. © H. Parisot/GFA

La plateforme Trajectoire, en Île-de-France, a été mise en place en 2017 pour objectiver les performances des systèmes existants.

Contrairement aux différents essais systèmes menés, la plateforme Trajectoire n’a pas pour objectif d’étudier des modèles de cultures innovants. « Nous sommes partis du constat que l’on manquait de données sur l’intérêt de l’optimisation technique des systèmes de cultures existants actuellement », explique Tristan Brancaz, qui travaille pour le projet.

Optimisation plutôt que rupture

Mis en place il y a quatre ans à la ferme expérimentale d’AgroParisTech, à Grignon (Yvelines), cet essai a lieu en conditions réelles (parcelles de plus d’un hectare). Sept systèmes sont explorés : agriculture de conservation des sols (ACS), bas carbone, performance nourricière (1), bas intrants, agriculture biologique, polyculture élevage, ainsi que le système « référence » de la ferme de Grignon. Ce dernier correspond aux exigences du niveau 3 de la haute valeur environnementale (HVE). Pour chacun, des critères et objectifs technico-économiques ont été prédéfinis.

« Nous avons souhaité objectiver les performances de chaque système, sans les opposer ou les classer, expose Tristan Brancaz. Aucun n’est parfait, mais chacun s’inscrit dans une logique de durabilité et présente des intérêts. Le but est de proposer des optimisations de
systèmes plutôt que des ruptures. »

Une large gamme de performances techniques, économiques et environnementales est suivie pour réaliser une évaluation transversale. Des mesures agronomiques y sont réalisées (composantes de rendement, qualité des grains, IFT, salissement, suivi des ravageurs…). D’autres, de flux d’éléments polluants, comme le lessivage des nitrates et des matières actives ou les émissions de protoxyde d’azote (N2O, puissant gaz à effet de serre), sont effectuées avec des techniques de pointe. Et des paramètres sont suivis, comme la biomasse fongique et microbienne ou le stock de carbone du sol. Toujours dans l’optique de mieux connaître l’existant et expliquer les processus pour les optimiser.

« Le but est de mettre en relation les pratiques et les performances, et d’identifier des leviers d’amélioration possible », souligne Tristan Brancaz. Par exemple, au sujet de la qualité de l’eau, il relate : « La quantité d’azote lixivié est nettement plus importante sous une céréale à paille que sous un couvert. » En effet, en hiver, les

besoins en azote des céréales ne sont pas encore très importants et leur exploration racinaire est limitée. En revanche, un couvert (ici une phacélie), « même peu développé, réduit la concentration en nitrate et donc les pertes vers les nappes ».

Communiquer

La diffusion des enseignements fait partie intégrante du projet. Un travail de synthèse multi-critères sera présenté à l’automne 2022. En attendant, et avec quatre années de recul, la plateforme donne ponctuellement des résultats, observations, difficultés rencontrées…

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site (1) et la page facebook (2) du projet. Sur place, la Journée de l’innovation, le 18 mai, sera l’occasion de visiter la plateforme et d’échanger avec l’équipe de Trajectoire.

Hélène Parisot

(1) Maximiser les rendements, les marges et diminuer l’IFT de 20 % par rapport à la moyenne régionale.

(2) https://www.plateforme-agronomique-trajectoire.fr/le-projet-trajectoire

(3) https://www.facebook.com/PlateformeTrajectOire/

Rotation de cinq ans

Bien qu’adaptée aux spécificités de chaque système, une rotation commune est étudiée sur cinq ans : blé, deuxième céréale à paille (orge de printemps en bas carbone, HVE et bas intrant, orge d’hiver en ACS, triticale en AB, blé en performance nourricière), colza (ou féverole en AB), blé, et enfin maïs.

La plateforme entre actuellement dans sa dernière campagne : un maïs sera implanté au printemps 2022, succédant à des cultures intermédiaires. Des espèces différentes ont été semées en fonction des modalités.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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