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Composer avec les aléas climatiques

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Ceux qui sèmeront les céréales d’hiver après le 1er janvier devront se plier à la nouvelle réglementation sur les ZNT (lire la page 14 de La France Agricole n° 3833, du 10 janvier 2020). © Jean-Michel Nossant

La météo très pluvieuse a contraint de nombreux agriculteurs à retarder leurs semis d’automne, bousculant le calendrier des cultures.

Il est encore possible de réaliser des semis tardifs de blé tendre et blé dur, à condition d’observer quelques précautions. En blé dur, par exemple, « les semis sont envisageables jusqu’au 15 février, indique Matthieu Killmayer, chez Arvalis. Plus le semis est tardif, plus la qualité d’implantation joue un rôle important sur le rendement atteignable. »

« Il est préférable de retarder les semis que de prendre le risque d’un enracinement sacrifié », complète Jean-Charles Deswarte, chez Arvalis. La perte de potentiel est inévitable. La densité des grains doit augmenter, pour compenser les pertes liées aux accidents climatiques. En blé tendre ou blé dur, « les semis tardifs sont exposés à l’arrivée du froid à des stades précoces, lorsque les plantules sont encore très sensibles, ajoute-t-il. Le choix d’une variété plus résistante au gel est donc une parade judicieuse. »

Besoins en vernalisation

Un autre critère à prendre en compte est la vernalisation : pour fleurir au printemps et produire des épis, les céréales d’hiver ont, en effet, besoin de températures basses, comprises entre 3 et 10 °C. Ce besoin est peu important en blé dur. « Chaque variété de blé tendre d’hiver possède ses propres exigences en jours vernalisants, qui correspondent à la note d’alternativité », explique Jean-Charles Deswarte. Quelles conséquences sur un cycle des cultures raccourci ? « Un décalage de plus d’un mois au semis se traduit le plus souvent par moins d’une semaine à l’épiaison. Même en situation de semis tardifs, la vernalisation pourra se faire », affirme-t-il. Le spécialiste rappelle, cependant, que dans le cas des parcelles qui restent à semer, il convient d’éviter les variétés « hiver » ou « très hiver » (notes d’alternativité de 1 à 3), qui nécessitent une longue période de vernalisation.

Gérer les excès d’eau

La pluie a noyé plus d’une parcelle. « La sensibilité du blé à l’ennoiement est variable selon le stade de développement », explique Aude Bouas, chez Arvalis. Les plantes à trois feuilles et au stade tallage sont peu sensibles à l’excès d’eau (elles y résistent plus de deux semaines), au contraire des parcelles où les grains ont commencé à germer ou sont en cours de levée. « Des pertes de pieds peuvent se produire rapidement. Le seuil de retournement est à discuter avec le technicien. Il se situe autour de 80 à 100 plantes/m² et dépend de la répartition des pieds dans la parcelle ainsi que de l’état de tallage des plantes. »

Justine Papin

Résistance au froid

Les céréales s’adaptent pour faire face aux températures froides. La résistance au froid est progressive, et simultanée à la vernalisation. Elle commence dès que la plante est soumise à des températures inférieures à 10 °C. « Le désendurcissement intervient lorsque les températures remontent : très lent pour des températures juste au-dessus de 0 °C, il s’accélère sensiblement passé 10 °C, explique Jean-Charles Deswarte de l’institut Arvalis. Une fois la vernalisation terminée, il n’est plus réversible. »

Bioagresseurs : adapter la protection

« Les pucerons et les cicadelles sont perturbés par les pluies incessantes et le vent. Leur activité est à l’arrêt », note Jean-Charles Deswarte, chez Arvalis.

En revanche, la pression des limaces augmente, favorisée par le temps humide et doux. Le risque est d’autant plus important que la levée et la croissance des plantes sont plus lentes. « Les précédents colzas, pois, céréales et maïs sont à surveiller en priorité, et l’observation à poursuivre jusqu’à la fin du tallage. » Le seuil de nuisibilité est fixé à 5-6 limaces/m².

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Cet article est paru dans La France Agricole

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