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Rendre les maïs plus tolérants à la sécheresse

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Génétique - Rendre les maïs plus tolérants à la sécheresse
Sécheresse en Haute-Saône en 2018. Le stade de sensibilité maximum du maïs au déficit hydrique se situe entre dix jours avant la floraison et trois semaines après. © Cédric Faimali/GFA

Plusieurs pistes sont explorées pour obtenir des maïs adaptés au stress hydrique. Elles sont basées sur la connaissance des processus impliqués.

En 2020, le maïs a été mis à rude épreuve par le sec et les fortes chaleurs qui ont altéré les rendements (81,4 q/ha selon Agreste, le plus bas depuis 2005). Dans l’est, c’est même la troisième sécheresse consécutive. Mais, selon Arvalis, ces pertes de rendement ne sont pas aussi sévères que ce que l’on pouvait craindre, grâce au progrès génétique des variétés.

Rendement

L’Institut du végétal met ainsi en avant des recherches de l’Inrae de Mont­pellier montrant que les variétés récentes produisent plus que les anciennes en situations de stress hydrique important, mais aussi dans les parcelles bien pourvues en eau. « Cette égalité de vitesse du progrès génétique en rendement, en sec comme en irrigué, signifie que les variétés d’aujourd’hui présentent une meilleure efficience en eau », appuie Arvalis. Cela laisse également espérer « des gains plus significatifs si la stra­tégie de sélection du maïs se focalise sur une meilleure tolérance des variétés au déficit hydrique. » Plusieurs pistes sont explorées. Comme la recherche d’enracinements plus effi­caces pour prélever l’eau (avec des ra­cines plus longues et plus ramifiées).

Des racines plus longues

Toutefois, « l’intérêt de ce caractère dépend du sol et du scénario de pluviométrie », souligne Arvalis. Une meilleure extraction de l’eau du sol n’est efficace que si le sol contient de l’eau ! « Des variétés au système racinaire plus efficace auraient un gros avantage en sols à très bonnes réserves utiles ou en cas de retour rapide des pluies après un épisode de sécheresse », décrit l’institut technique. Ce qui ne serait pas le cas dans des sols moins dotés en eau.

Par ailleurs, « accumuler plus de matière sèche dans les racines peut avoir un coût énergétique qui s’effectue au détriment de la fraction végétative ».

La croissance foliaire peut aussi être améliorée. Des diffé­rences existent entre variétés sous stress hydrique avant la floraison. Celles dont l’indice foliaire (surface de feuilles par mètre carré de sol) est moins affecté interceptent davantage les rayons du soleil et accumulent donc plus de matière sèche. Mais des indices foliaires plus élevés apportent aussi plus de surfaces transpirantes, un problème en cas de manque d’eau. Par ailleurs, en début de cycle, « une variété à indice foliaire élevé est (en valeur relative) moins pénalisée qu’une variété à indice foliaire plus faible », évalue Arvalis, qui ajoute que cet indice plus faible « peut devenir un atout à des stades ultérieurs si les déficits hydriques persistent ».

Autre levier possible : la meilleure synchronisation des floraisons mâle et femelle pour la mise en place des grains. Selon l’Institut du végétal, « l’aptitude d’une variété à maintenir une bonne croissance des soies sous l’effet d’accidents climatiques pendant la période encadrant la floraison est précieuse ».

Isabelle Escoffier

À savoir

Diversifier les précocités des variétés à l’échelle de l’exploitation peut être une précaution en cas de sechéresse ou de restrictions d’eau. Il convient d’opter pour des maïs plus précoces en sols à faible réserve utile.

Transpiration régulée

Les maïs enroulent plus ou moins rapidement leurs feuilles pour réguler leur transpiration en cas de stress hydrique. « Une variété qui ferme rapidement ses stomates tente d’économiser l’eau du sol, note Arvalis. Cela a l’inconvénient de réduire la production de matière sèche durant la séquence de déficit hydrique, mais s’avère utile en cas de prolongement du déficit hydrique grâce à un fonctionnement au ralenti. » À l’inverse, une variété dont la régulation stomatique est moins rapide continue de produire de la matière sèche et modère mieux sa température. Mais elle consomme plus d’eau disponible dans le sol, ce qui est défavorable en cas de déficit hydrique persistant.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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