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Préparation des semis de maïs : vigilance sur le ressuyage des sols

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Un travail sur sol humide crée des mottes qui durcissent et gênent la levée. Les sols sujetsà la battance subissent une reprise en masse de la terre. La destruction mécanique d’adventices devient d’autant plus difficile, les racines © Jérôme Labreuche/Arvalis

La pluviométrie importante n’est pas sans conséquences sur la structure
des sols. La destruction des couverts doit être adaptée.

De nombreux couverts restent à détruire avant l’implantation des cultures de printemps. « Beaucoup d’agriculteurs ne comptent plus sur le gel, assez aléatoire, et interviennent mécaniquement », résume Jérôme Labreuche, ingénieur chez Arvalis.

La sensibilité à la destruction mécanique varie selon les espèces : plutôt bonne sur féverole, moutarde ou phacélie, moins sur les graminées - comme les repousses de blé, les couverts d’avoine ou de seigle - ou sur les graminées adventices. « Le salissement a été exceptionnel cette année, notamment derrière les blés à l’automne, constate l’ingénieur. On note un reverdissement important sur des labours effectués avant l’hiver, dans des situations normalement propres. »

Choisir ses outils

Si le temps sec se confirme, la terre reste humide en profondeur. « Le climat doux et humide a compacté la structure. En ouvrant le terrain, les graminées restent enracinées dans les mottes. Un deuxième passage sera sans doute nécessaire, une fois qu’elles auront séché. » Attention cependant à ne pas dessécher le lit de semences et entraîner des problèmes de levée. Il convient de privilégier un travail superficiel afin de garder l’humidité en dessous de 5 cm.

« S’il y a peu de couverts ou de débris végétaux, on peut utiliser des outils à dents, comme des cultivateurs à trois ou quatre rangées », poursuit Jérôme Labreuche. Un passage de vibroculteur ou de herse rotative est envisageable, en reprise de labour par exemple. « Si le sol est un peu compacté et qu’il faut casser des mottes, la rotative est un peu plus agressive mais aussi plus lente et coûteuse. Sinon, on peut simplement faire un travail avec un vibro, ne serait-ce que pour ouvrir le terrain, le faire sécher et réaffiner lors d’un deuxième passage avec des dents. Il n’y a pas de recettes miracles. » En cas de gros volume de débris végétaux, les outils à dents peuvent avoir des limites. Un broyage préalable des couverts est possible. « On peut aussi passer un outil à disques, comme un déchaumeur à disques indépendants qui travaille une bonne partie de la surface sans aller en profondeur. C’est une première préparation du terrain. »

Sols gorgés d’eau

« L’idéal est de prendre une bêche et de l’enfoncer sur 30 cm pour se rendre compte : dans des sols labourés en hiver, la terre est sèche sur les deux premiers centimètres, elle commence à ressuyer entre cinq et dix centimètres et, au-delà, elle est gorgée d’eau. En non-labour, le sol est encore plus humide. » Le risque de dégât en profondeur est important. « Il vaut donc mieux attendre le dernier moment avant d’entamer des chantiers lourds, comme l’épandage de fumier ou de lisier pour éviter le tassement. » Il en est de même pour l’ensilage du couvert. « Il faut être très prudent et le retarder. La culture dérobée produira d’autant plus de biomasse et assainit aussi le terrain. Des préparations superficielles sont envisageables, voire des semis avec du matériel moins lourd. Le maïs n’aime pas les sols tassés, qui perturbent l’enracinement. »

Justine Papin

Tendance à moins de labour

La conduite en non-labour augmente progressivement. « Il y a un aspect économique, mais aussi un effet de mode autour de l’agriculture de conservation, explique Jérôme Labreuche. Les laboureurs traditionnels y ont moins recours et leur gestion des couverts est très différente : ils font davantage de mélanges d’espèces et sèment plus tôt. » Une enquête SSP (1) révèle qu’en 2011 20 % des exploitations étaient en non-labour en maïs grain (15 % en maïs ensilage). En 2017, elles étaient 32 % (25 % en maïs ensilage). « Le labour reste majoritaire, d’autant plus en cultures de printemps, mais le non-labour progresse », remarque l’ingénieur.

(1) Service de la statistique et de la prospectivedu ministère de l’Agriculture.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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