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Penser agronomie et génétiquecontre le mildiou du tournesol

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La maladie se caractérise par un nanisme des plantes d’autant plus prononcé que l’attaque a été précoce. Sur les feuilles supérieures, des taches chlorotiques sont observées le long des nervures principales. © Terres Inovia

S’il n’existe désormais plus d’obligation réglementaire, il reste essentiel de respecter les conseils pour ne pas surexposer les cultures à la maladie.

«La lutte contre le mildiou du tournesol via la génétique, l’agronomie et le traitement de semences est efficace. Toutefois, le risque zéro n’existe pas, car rien n’assure à 100 % la protection contre cette maladie », rappelle Élodie Tourton, chez Terres Inovia. Or, depuis le 14 décembre dernier, Plasmopara halstedii est un organisme « non réglementé de quarantaine », ce qui n’impose plus d’obligations de rotation, d’alternance de type de variétés et de semences traitées (au métalaxyl-M ou méfénoxam) avec d’autres non traitées. « Les enquêtes, qui faisaient partie du plan de surveillance, ne sont plus impératives, ajoute-t-elle. La réglementation de la production de semences est déléguée au Gnis-Soc (1) à travers le passeport végétal. »

Espacer la culture

Dans le contexte actuel, la tentation est grande de semer du tournesol sur tournesol, mais Terres Inovia souligne que pour ne pas surexposer les cultures au pathogène, il faut mener une gestion durable avec tous les leviers de lutte raisonnée à la parcelle et dans la rotation (lire l’encadré).

Produire trop souvent du tournesol expose à des résistances et à des risques importants, notamment de contaminations primaires, plus impactantes. En espaçant de trois ans au moins, l’inoculum baisse. Avec des variétés disposant d’un profil de résistance suffisamment élevé, on peut le contenir.

Le mildiou fait, en effet, partie des critères d’obtention et de sélection déterminants. Sur cette espèce, il n’est pas rare que des conversions aient lieu : par exemple, une variété d’intérêt seulement résistante à cinq races de mildiou (RM5) pourra passer RM9, résistante aux neuf races officiellement reconnues en France (2). Toutefois, la maladie pouvant contourner des gènes de résistances jusque-là efficaces, il peut être dangereux de ne semer que des RM9, qui créeraient une pression de sélection. Des cas de contournements sont observés avec des plantes RM9 touchées par la race 714, peut-être plus virulente, ou par une nouvelle race.

Alterner les profils

En attendant d’en savoir plus, Terres Inovia rappelle qu’il faut alterner les profils de résistance d’une campagne à l’autre et dans les différentes parcelles de l’exploitation.

On peut, après une variété RM9 non traitée, utiliser un traitement de semences (lire l’encadré à savoir). Pour le tournesol suivant, on optera pour une variété non traitée résistante à huit races reconnues (RM9 moins la race 334), qui présente une solution génétique différente de la première. Pour connaître le profil de résistance des hybrides inscrits en France, il est conseillé de consulter myvar.fr.

Céline Fricotté

(1) Groupement national interprofessionnel des semences et des plants-Service officiel de contrôle­ et de certification.

(2) Les races 100, 304, 307, 314, 334, 703, 704, 710 et 714.

Prendre aussi en compte…

Le mildiou peut être multiplié par des plantes hôtes de la famille des astéracées (ambroisie, Bidens, Xanthium, centaurées, repousses de tournesol…), qu’il faudra détruire dans la rotation dans le cadre de programmes de désherbage adaptés. Le choix des Cipan (niger par exemple) est également important.

De plus, l’institut recommande d’utiliser des semences certifiées, qui font l’objet de contrôles sanitaires stricts. Avec des semis juste avant ou après de fortes pluies, le mildiou sera favorisé. Il faut attendre que les sols soient ressuyés et réchauffés pour être moins exposés aux contaminations primaires.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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