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« Nous implantons des couverts avant nos maïs ensilage »

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Dans cette parcelle avec un précédent orge, Stéphane L’Homel a semé un couvertpuis du maïs fourrager sans utiliser de désherbants. © Photos : F. Ehrhard (ci-contre) et J.-L. Pull CA 11 (ci-dessus)

Le Gaec de la Marg’Aude teste des alternatives pour supprimer les désherbants dans sa rotation fourragère.

Produire des fourrages sans utiliser de désherbants, c’est le challenge du moment au Gaec de la Marg’Aude, qui élève 46 vaches laitières sur 132 hectares à Payra-sur-l’Hers, dans l’Aude. Les trois associés, Christèle et Stéphane L’Homel, et leur fils Timothée, se sont équipés d’une bineuse et d’une herse étrille. Dans les céréales ou les méteils, ce désherbage mécanique donne satisfaction. Dans les maïs par contre, il reste insuffisant.

« Pour contrôler les adventices au démarrage, nous appliquions jusqu’à présent du glyphosate avant le semis, puis une association de Camix et de Dual Gold en prélevée. Cette année, nous avons essayé de nous en passer. Nous avons implanté des couverts à l’automne. Nous les avons détruits avant de semer les maïs fin avril, afin de voir si cette interculture pouvait contribuer à réduire le salissement », explique Stéphane.

Une des parcelles de maïs a été suivie par Jean-Luc Pull, de la chambre d’agriculture de l’Aude, dans le cadre d’essais régionaux du réseau Déphy sur les parcours sans glyphosate. Le couvert de féverole et de radis fourrager a été semé fin octobre dans une prairie déchaumée au préalable. Il a été détruit le 19 mars par un passage de déchaumeur. « Nous avons ensuite observé des repousses de ray-grass, que nous n’avons pas réussi à éliminer avec la bineuse », constate Jonathan, le deuxième fils, qui va bientôt rejoindre le Gaec.

Ces ray-grass, à épiaison début juin, devraient se dessécher rapidement. « Ils ont eu le temps de concurrencer le maïs au démarrage. Mais par ailleurs, la minéralisation du couvert a amené de l’azote, ce qui pourrait compenser », relève Jean-Luc Pull, qui a mesuré les reliquats.

Allonger la rotation

Dans une autre parcelle de maïs sans désherbants, le couvert a été implanté après une culture d’orge. « Le sol est plus propre. Il y a seulement quelques liserons, chardons et rumex », note Stéphane. Pour savoir si cela pénalisera le rendement, en moyenne de 13 t de MS/ha, il faudra attendre la récolte.

Pour éviter que ces adventices ne s’incrustent, les associés ont décidé d’allonger la rotation. « Dans les parcelles irrigables, nous alternions maïs et orge. Nous allons, pendant douze ans, y introduire de la luzerne et des prairies multi-espèces », précise Jonathan. Dans ce but, ils ont réduit les surfaces de maïs de 20 à 14 ha. Il n’est pas question pour autant de supprimer cette culture. « Nous tenons à garder deux saisons pour constituer nos stocks, au printemps avec les prairies et les méteils, et à l’automne avec les maïs. Cela facilite l’adaptation au climat de l’année. »

Frédérique Ehrhard

Depuis deux ans, le Gaec teste l’association maïs et rongaï,une plante tropicale riche en protéines. En photo, l’essai 2018.
Diversifierles sources de protéines

Le Gaec s’est fixé pour objectif de diminuer d’un tiers ses achats de tourteau de colza, actuellement de 90 t/an. « Nous cherchons en même temps à diversifier les sources de protéines pour avoir une ration plus efficace », précise Jonathan. Après avoir introduit des luzernes et des méteils contenant des protéagineux, les exploitants testent l’association dans la même parcelle de maïs et de rongaï, une plante tropicale riche en protéines. Dans l’essai 2018, avec un semis de 85 000 grains/ha de maïs et de 50 000 de rongaï, l’ensilage contenait 8 % de MAT (1), comme l’ensilage de maïs seul. En 2019, le Gaec a semé 75 000 grains/ha de maïs et autant de rongaï, en espérant améliorer le pourcentage de MAT. En gagnant deux points, l’apport de tourteau pourrait être réduit de 300 g/j/VL.

(1) Matières azotées totales.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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