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Maladies des semences de céréales : penser prophylaxie avant traitement

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Protection des semences - Maladies des semences de céréales : penser prophylaxie avant traitement
En cas de doute au sujet de la qualité d’un lot de semences (ici, fusariose), une analyse mycologique permet de connaître la quantité et le type de champignons présents. © Claudius Thiriet

Si les traitements de semences sont parfois incontournables, ils doivent toutefois être précédés par la mise en place de mesures agronomiques.

Carie commune, fusarioses des semences, piétin échaudage… Plusieurs maladies sont susceptibles d’affecter les semences sur céréales. Si l’utilisation de traitements de semences, pour certaines d’entre elles, représente une solution efficace, des leviers agronomiques peuvent également être mis en place pour les contrer.

En cas de suspicion ou de présence avérée dans les parcelles récoltées de carie commune, notamment sur blé tendre, un labour profond est préconisé la première année. En effet, cette maladie se transmet par les semences mais aussi par le sol. Il sera suivi les années suivantes par un travail superficiel pour épuiser le stock de spores laissé en fond de labour. Il est également indiqué de ne pas implanter de blé tendre, blé dur et d’épeautre dans les cinq années qui suivent.

Analyses de semences

« Sur les parcelles indemnes de carie, l’achat de semences certifiées garantit un bon état sanitaire des grains. En revanche, il est indispensable de s’en assurer par des analyses en cas d’utilisation de semences de ferme (environ 80 euros par échantillon) », prévient Arvalis-Institut du végétal.

Différents traitements de semences fongicides sont performants vis-à-vis des semences contaminées. Pour les parcelles ayant porté une récolte cariée, et donc présentant un sol contaminé, les spécialités à base d’un triazole systémique, ou assimilé, sont recommandées. C’est le cas de Celest Gold Net, Celest Power, Redigo Pro…

Réaliser une rotation

En agriculture biologique, l’institut précise que le vinaigre, substance de base autorisée à 1 l/q et à diluer dans 1 l d’eau, ainsi que le traitement de semences Copseed (sulfate de cuivre tribasique) affichent d’assez bons résultats. Malgré tout, ils ne permettent pas de lutter contre les spores de carie présentes dans le sol.

La prophylaxie au sujet de la fusariose (F. graminearum et Microdochium spp.) sur semences consiste à bien les trier avant un resemis. La plupart des spécialités chimiques efficaces sur des semences contaminées par des spores de carie le sont aussi sur fusarioses (qui provoquent des fontes de semis sur blés dur et tendre). En production bio, seul Cerall présente une action, qui est moyenne.

Latitude XL est, quant à lui, le seul traitement de semences qui offre une efficacité, partielle, sur piétin échaudage, et seulement sur cette maladie. Contre cette dernière, Arvalis conseille de réaliser une rotation durant trois ans à l’aide notamment de colza, betterave, pomme de terre, pois ou avoine. En cas de risque, il est préférable d’éviter les semis précoces.

Contre le charbon nu de l’orge, la recommandation est l’analyse des lots de semences afin de retirer ceux contaminés. « S’il n’existe pas de traitement de semences autorisé en agriculture biologique, plusieurs spécialités sont homologuées en conventionnel comme le Celest Orge Net », annonce Kadidiatou Kane, chez Arvalis.

Quant à l’ergot, contre lequel aucun traitement n’existe sur semences, le triage (optique si possible) est nécessaire. Pour gérer ce pathogène au niveau du sol, on optera pour un labour suivi de deux années de travail superficiel. Une rotation à l’aide de cultures non-hôtes de même que la maîtrise des graminées adventices, dans et aux abords des parcelles, sont de plus essentielles.

C. F.

Traitement de semences : vigilance avec Systiva

Le traitement de semences Systiva, qui comporte 333 g/l de fluxapyroxad, un SDHI, est le seul à revendiquer aussi une action sur les maladies foliaires des orges. Arvalis estime qu’il compte pour un traitement et qu’il ne faut alors pas appliquer d’autre SDHI en période de végétation afin de respecter la note commune sur les résistances, qui en recommande un seul par campagne. « Nous sommes réservés au sujet de Systiva, qui va exercer une pression de sélection très tôt sur l’helminthosporiose et ne laissera plus la capacité d’utiliser de SDHI en T2. Quelques essais montrent qu‘il est efficace sur rhynchosporiose mais l’helminthosporiose en profite alors pour se développer davantage que sur le témoin », informe Jérôme Thibierge, chez Arvalis-Institut du végétal.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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