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Ne pas négliger les insectes foreurs

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Piège à phéromones. Le suivi des vols des principaux ravageurs aériens permet de définir chaque année, pour chaque région, les périodes optimales d’intervention. © C. WATIER

Soyez à l’affût car la pression de pyrales comme de sésamies a de grandes chances d’être importante en 2016.

Les larves d’insectes foreurs sont à l’origine de pertes de rendement et de dégradation de la qualité sanitaire. Les blessures provoquées par les pyrales et les sésamies s’avèrent être, en effet, une porte d’entrée pour des fusariums, notamment Fusarium verticillioides, responsable de la production de fumonisines (mycotoxines).

Pour se faire une idée de la pression des ravageurs pour la campagne 2016, il faut d’abord considérer l’abondance des populations observées à l’automne dans ses parcelles ou bien dans le cadre d’un réseau de surveillance (BSV, par exemple). Les conditions hivernales doivent également être prises en considération. Or, ces deux lépidoptères ont été en général très présents à l’automne, et l’hiver doux et humide a pu les favoriser.

Raisonner la lutte

Ainsi, même si une régulation, par des champignons entomopathogènes ou par des baculovirus, a pu se faire au cours de l’hiver, il faut être très vigilant. « Le niveau de risque pourrait être légèrement supérieur à une année moyenne sur pyrale, complète Jean-Baptiste Thibord, spécialiste des ravageurs du maïs chez Arvalis. Sur sésamie, le risque est plus élevé que d’habitude. »

Dans les secteurs où seule la pyrale est présente, il n’y a souvent qu’une génération. Ou lorsqu’il y en a deux, seule la première est complète. Dans ce cas, l’application de produits (pyréthrinoïdes, indoxacarb, spinosad, chlorantraniliprole) vise le pic de vol des papillons pour toucher le maximum de jeunes larves après l’éclosion des œufs et avant qu’elles ne se réfugient dans la plante. Mais dans les régions concernées (Centre, Alsace, Rhône-Alpes), la lutte est souvent plus tardive : vers la première ou deuxième décade de juillet.

« Cela peut être problématique d’intervenir après le stade limite passage du tracteur, ajoute le spécialiste. Dans ce cas, nous recommandons de miser sur Coragen à ce stade, qui obtiendra alors une meilleure efficacité. » Une autre solution est la pose de trichogrammes, qui est plus développée sur ces zones. Avec leur action ovicide, ils s’appliquent plus tôt.

Plus au sud, il y a en tendance deux générations de pyrale mais aussi de sésamie. La stratégie : toucher la première génération pour limiter la seconde. Pour un objectif uniquement sésamie, il faudra appliquer Dimilin Flo (diflubenzuron) à partir du début du vol, ou bien appliquer les matières actives citées sur pyrale une semaine après que 50 % du vol ont eu lieu.

Toutefois, la lutte contre la pyrale doit souvent être raisonnée en même temps que celle de la sésamie. Il faut alors faire un compromis entre les deux périodes optimales.

Céline Fricotté

Préserver les abeilles à la floraison

« La période d’émission de pollen de maïs et de maïs doux est favorable à la présence d’abeilles », précise Arvalis. Il est recommandé de réaliser des traitements insecticides ou acaricides en dehors de la floraison. « Et c’est souvent le cas », ajoute Jean-Baptiste Thibord, de l’Institut végétal. Mais si cela est nécessaire, il faudra privilégier l’utilisation de moyens biologiques ou intervenir autant que possible après le crépuscule, ou pour des questions organisationnelles à partir de 17 h. Sur maïs doux et semences, qui sont soumis à des exigences sanitaires fortes, il sera possible d’intervenir à partir de 14 h, en prévenant les apiculteurs concernés 48 h à l’avance. Pour mémoire : il est interdit de traiter en présence d’abeilles, même avec un produit avec mention « abeilles » (arrêté du 28 novembre 2003).

Héliothis, ravageur sur maïs doux et semence

L’héliothis peut occasionner des dégâts sur les pointes des épis dans les régions du sud de la France au cours d’années chaudes. Il n’est souvent pas responsable de pertes de rendement en maïs grain ou en maïs fourrage mais sa présence sur épi peut favoriser l’installation de Fusarium. En revanche, l’héliothis est particulièrement dommageable pour les cultures de maïs spécialisés.

Il est conseillé d’appliquer un insecticide au moment du dépôt des pontes, soit très fréquemment à la floraison femelle du maïs.

© C. WATIER
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Cet article est paru dans La France Agricole

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