Arvalis souligne que la nuisibilité liée aux dégâts de pyrale peut également être significative sur maïs fourrage. Les dégâts occasionnés vont de la perte de valeur alimentaire par défaut de remplissage du grain, à la baisse de qualité de la partie « tige + feuilles », en passant par un risque de fusarium sur grains et, par conséquent, de mycotoxines.

Des pertes de rendement plante entière et grains par défaut d’alimentation ou par casse de tige ou de pédoncule sont aussi notées. Ainsi, les premiers essais d’Arvalis, réalisés entre 2015 et 2018, en Bretagne, font ressortir une perte de rendement de 0,8 t de MS/ha en moyenne.

Broyage des cannes

L’institut appelle donc à organiser la lutte en 2019 pour mieux la prévenir en 2020. « Contrairement à d’autres cibles sur maïs, il existe de la diversité pour venir à bout de cet insecte, alors profitons-en ! », appuie Jean-Baptiste Thibord, chez Arvalis.

Les trichogrammes visant les premiers vols ont déjà dû être appliqués. Sinon, des traitements en végétation s’opèrent au moment du pic de vol du lépidoptère en s’aidant de pyréthrinoïdes (plusieurs spécialités), de Coragen (chlorantraniliprole), de Success 4 (spinosad) ou encore de Bacillus thuringiensis (plusieurs spécialités). Il faudra seulement s’assurer que la spécialité choisie soit autorisée sur maïs fourrage.

L’efficacité de ces insecticides est dans l’ensemble bonne. Toutefois, celle des produits à base de Bacillus peut être plus faible si une irrigation ou de forts abats d’eau suivent l’application. « Cependant, dans les zones de fourrage, ces solutions devraient être satisfaisantes », estime le spécialiste de chez Arvalis.

Le broyage des cannes, des bases de plantes juste après la récolte et l’enfouissement des résidus sont en complément à mettre en place. Ces actions prophylactiques freinent le développement de la pyrale.

Céline Fricotté