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L’agronomie en prévention des attaques de zabre

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Arvalis rappelle qu’il est possible de protéger uniquement les bordures de parcelles, qui sont souvent les plus touchées. © Arvalis

Ce ravageur réapparaît régulièrement à la faveur de conditions météo favorables.

Favorisées par les étés chauds et secs, les attaques de zabre concernent principalement le quart sud-ouest de la France mais des dégâts sont signalés dans le Massif central, les Pays de Loire et la région Centre. « Si la météo influe sur le niveau des populations de zabre, le retrait des traitements de semences à base d’imidaclopride a certainement joué un rôle supplémentaire », déclare Nathalie Robin, ingénieur Arvalis à Pau.

Plusieurs facteurs de risque qui participent à l’accroissement des populations ont été identifiés. « Nous savons que les rotations courtes à forte concentration de céréales leur sont favorables, poursuit la spécialiste. De même, les repousses de céréales laissées pendant l’interculture favorisent les pontes. Enfin, l’absence de labour et de perturbation du sol crée un milieu favorable au zabre. » Les hivers doux, de même que les étés chauds et à faible pluviosité, accentuent encore le risque.

Après une durée d’incubation, qui varie de dix jours à trois semaines selon la température et l’humidité du sol, les œufs éclosent. Jusqu’à la nymphose courant avril, les larves vivent dans des galeries, dont la profondeur atteint 15 cm.

C’est pendant les six à sept mois du stade larvaire qu’ont lieu les dégâts, avec des symptômes visibles dès l’automne. Ils se traduisent par des attaques uniquement sur feuilles, que les ravageurs sectionnent et entraînent en partie dans leurs galeries pour les consommer. Repérer l’entrée des galeries de 3-4 mm de diamètre est un moyen assez fiable de s’assurer qu’il s’agit bien de zabre. Aux stades jeunes, la plante risque de disparaître en totalité. Sur les céréales développées, des amas de fibres mâchées sont visibles à leur base. Sans protection, la parcelle sera quasiment condamnée.

Complémentarité des moyens de lutte

« Avec ce type de ravageur, la lutte agronomique prend tout son sens, plaide Nathalie Robin. Dans un premier temps, il est recommandé de bien répartir les résidus pailleux au sol, puis de déchaumer sans tarder après moisson, de façon à priver les adultes d’abris de ponte et les larves de nourriture. La solution la plus radicale consiste à enfouir les résidus avec un labour. »

Dans les secteurs régulièrement touchés, la lutte chimique constitue une assurance supplémentaire et incontournable. Elle passe par les traitements de semences à base de téfluthrine – Attack, Austral Plus Net – , dont l’efficacité approche 90 %. « Cette matière active agit uniquement par contact direct avec les larves, précise la spécialiste. Elle ne se diffuse pas dans la plante. Mais son principal intérêt est sa durée d’action, qui se prolonge jusqu’en sortie d’hiver. Elle agit sur les larves dont l’activité reprend de plus belle au printemps. »

En absence de traitement de semences, certains insecticides foliaires homologués à base de deltaméthrine – Décis Protech, Pearl Protech... – limiteront les attaques, mais leur efficacité dépasse rarement 30 %. « Avec ces produits, il est recommandé de traiter le soir ou la nuit, car les larves ont une activité nocturne, prévient Nathalie Robin. En surveillant attentivement, il est possible de ne protéger que les parties touchées, souvent les bordures de parcelles. » L’efficacité de ces spécialités, homologuées à 0,5 l/ha et deux applications maximum par campagne, est améliorée avec des volumes de bouillie compris entre 200 et 400 l/ha.

Vincent Thècle
Arvalis rappelle qu’il est possible de protéger uniquement les bordures de parcelles, qui sont souvent les plus touchées. © Arvalis
En creusant au pied d’une plante jusqu’à 10-15 cm de profondeur, on trouve une à plusieurs larves. © Arvalis
Le ravageur aime la paille

Les adultes de ce petit coléoptère, qui réalise son cycle en une année, émergent de la mi-mai à la fin de juin. Après l’accouplement durant l’été, les femelles creusent une galerie verticale dans le sol pour y déposer leurs œufs. Elles choisissent, de préférence, les parcelles d’anciennes céréales ou de graminées fourragères de type ray-grass, avec beaucoup de résidus pailleux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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