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L’orobanche rameuse sur colza continue sa progression

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© Terres Inovia

Son fort pouvoir de dissémination nécessite la mise en œuvre de moyens de lutte prophylactiques, dans le but de limiter sa propagation.

Le parasite se développe au détriment de nombreuses cultures, dont le colza. En se fixant sur les racines de la plante hôte, l’orobanche y puise l’eau et les éléments nutritifs nécessaires à son développement, occasionnant des pertes de rendements allant de 30 à 100 %. Pour le moment, aucune voie de lutte explorée ne permet d’éradiquer totalement ce fléau, alors que le nombre de parcelles infestées ne cesse d’augmenter en France. Pour limiter sa multiplication, il est recommandé d’allonger les rotations et d’éviter les cultures sensibles, comme le tabac ou le chanvre. Par ailleurs, il est préférable de choisir des densités de semis faibles, qui favorisent la vigueur des plantes, et de soigner son désherbage, en particulier contre le géranium ou le gaillet qui facilitent la multiplication du parasite.

Importance du choix variétal

Les essais au champ menés par Terres Inovia en Poitou-Charentes, région qui connaît un taux record d’infestation, montrent que l’orobanche est capable de se développer sur toutes les variétés de colza sans exception. « Néanmoins certaines variétés, tel que ES Angel (adaptée à la solution Clearfield), ES Curiel, ES Mambo ou encore DK Imaret, démontrent un bon comportement », atteste le spécialiste en essais variétaux de chez Terres Inovia, Jean-Pierre Palleau. Pour les parcelles dans lesquelles les premiers signes apparaissent, le choix d’une variété à bon comportement adapté à la solution Clearfield est préconisé. Dans celles où l’orobanche a fait son apparition par « ronds » bien marqués, l’institut technique conseille, en plus de la solution Clearfield, une application de Cleranda/Cleravis (2 l/ha) + Dasch à 1 l/ha au stade 6-8 feuilles.

Réduire le stock de grains

Sur les terres fortement infestées, les germinations suicides sont un bon moyen de réduire les stocks grainiers. L’idée est d’introduire, en rotation ou en interculture, des espèces comme le maïs ou le lin qui stimulent la germination des graines d’orobanche, tout en bloquant son cycle de développement. Les autres espèces hôtes de l’orobanche (lire onglet) peuvent également être utilisées pour réduire les stocks de graines, à condition de détruire la culture avant la floraison du parasite. « Dans tous les cas, plusieurs cycles de culture piège sont nécessaires pour retrouver des parcelles à faible niveau d’infestation », rappelle Terres Inovia.

Marie Seyer
Les fleurs bleues sont dépourvues de chlorophylle. © S. Champion
« Parfois, on s’interdit de mettre du colza »

Frédéric Naudon, agriculteur à Sainte-Ouenne (Deux-Sèvres)

« Dans mon exploitation, le parasite est observé depuis une dizaine d’années. Au départ, il formait quelques ronds épars dans les parcelles, mais depuis 5 à 6 ans, l’orobanche s’est propagée de manière considérable. Sur mes 260 ha de cultures, une quarantaine d’hectares sont infestés, à des niveaux plus ou moins importants. Malgré l’assolement et les rotations, je m’interdis toujours de semer du colza aux endroits où la pression est trop forte. Actuellement, je cultive 70 ha de colza avec des rendements à 34 q/ha, mais sur des surfaces contaminées, les rendements pouvaient descendre autour des 25 q/ha certaines années. À présent, pour limiter les risques, j’ai choisi d’utiliser la variété ES Angel, sans pratiquer de désherbage supplémentaire spécifique contre le parasite cette année. J’attends de voir les rendements obtenus à la moisson. »

© M. Seyer
Un parasite « super­puissant »

Chaque pied d’orobanche mature peut produire de 100 000 à 1 million de graines, facilement dispersables de par leurs petites tailles. Une fois dans le sol, les semences restent viables pendant plus de dix ans.

L’orobanche rameuse parasite également le chanvre (dans l’Aube et la Marne), et le tabac (en Poitou-Charentes). Les pommes de terre, pois, tomates, aubergines, ou encore le liseron, le coquelicot et le gaillet sont également des espèces hôtes. Le tournesol, quant à lui, est parasité par l’orobanche cumana.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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