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L’importance du choix variétal pour réussir les associations en bio

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Amélioration - L’importance du choix variétal pour réussir les associations en bio
Les associations de céréales et de protéagineux en agriculture biologique peuvent apporter de multiples services, comme l’effet tuteur du blé sur le pois, limitant ainsi les risques de verse de ce dernier. © Inrae Rennes

Contrairement au blé, les variétés de pois associé ne peuvent pas être choisies par rapport à leurs caractéristiques en culture pure.

Piloté par l’Itab (1), le projet EcovAB avait pour objectif d’évaluer le comportement variétal en agriculture biologique, notamment dans les conduites associant des céréales et des protéagineux. Plus spécifiquement, la question était de savoir si le classement variétal en pur pouvait être transposé en association. Pour cela, deux types de mélange ont été testés en fonction de leur débouché : d’une part, du blé tendre pour l’alimentation humaine associé à du pois ou à de la féverole (densité du blé à 100 % de sa densité optimale en pur en association avec le pois, et à 70 % avec la féverole) ; et, d’autre part, du pois protéagineux pour l’alimentation animale associé à du blé (densité du pois à 75 % de sa densité optimale en pur). Ces essais ont été réalisés au champ sur plusieurs dispositifs en France, en 2016 et 2017.

Même classement pour le blé associé

En blé associé, 5 variétés ont été testées avec une variété fixe de féverole ou de pois. Dans les deux cas, l’analyse des rendements montre un classement variétal similaire en situation associée et en culture pure. Ainsi, « le choix variétal peut se baser sur la culture pure », indique Enguerrand Burel, de l’Itab. Sur le pois associé (6 variétés de pois pour une variété fixe de blé), la situation est différente puisque le classement variétal change en association et en pur. « Il faut, donc, s’orienter vers des références de terrain en pois associé à défaut de pouvoir le faire en pur », souligne l’expert.

En blé associé, toutes les variétés testées gagnent en protéines (en moyenne : + 1,2 point avec le pois et + 0,8 point avec la féverole), permettant d’avoir un blé panifiable. Quant au rendement, « des pertes sont, certes, observées en blé mais elles sont compensées par le pois », estime Nathalie Moutier, de l’Inrae de Rennes (2). En effet, les rendements cumulés observés pour cette association sont en moyenne, sur les 4 essais du projet, augmentés de 37 %.

Des traits déterminants

« Il est important d’identifier les traits variétaux qui interviennent dans la performance de ces associations car cela donne la possibilité d’expliquer en quoi certaines variétés fonctionnent mieux que d’autres », signale-t-elle.

Avec les résultats du projet EcovAB, le conseil donné sur le blé associé est de choisir une variété courte de pois. En pois associé, un blé peu couvrant­ à pailles pas trop hautes pour une variété haute de pois serait peut-être la meilleure option.

Des conclusions qui restent à confirmer, notamment en pois associé où peu de données ont pu être valorisées. Enfin, ces résultats ne sont pas forcément extrapolables à des densités de semis différentes de celles du projet, précisent les deux chercheurs.

Charlotte Salmon

(1) Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques.

(2) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

À savoir

Selon Terres Univia, les surfaces en mélange de céréales et de légumineuses en agriculture biologique approchaient les 55 500 ha en 2017 en France, contre 5 000 ha en 2010.

Des perspectives pour la sélection

Dans la continuité d’EcovAB, les essais du projet européen ReMIX 2017-2021 se complexifient en jouant à la fois sur les variétés de céréales ainsi que celles de protéagineux dans une même association. L’objectif est de définir les couples qui fonctionnent le mieux, en prenant aussi en compte leur stabilité à l’environnement (mêmes performances pour une large zone géographique). D’autres projets en cours pourraient permettre une évolution des méthodes d’inscription dans le catalogue officiel, en ouvrant l’accès à des variétés adaptées à l’association même si elles ne sont pas performantes en culture pure (exemple du critère verse discriminant en pois).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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