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Limiter les maladiessur légumineuses en bio

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En sortie d’hiver, lorsque © Terres Inovia

Des leviers sont mobilisables en agriculture bio pour freiner l’apparition des pathogènes, en agissant à différentes échelles de temps et d’espace.

«Plusieurs stratégies peuvent être mises en place, comme des actions sur le stock d’inoculum, qui initie la maladie, des opérations d’évitement des champignons, en jouant sur les dates de semis, ou d’atténuation pour en minimiser la sévérité sur la culture », décrit Anne Moussart, ingénieure à Terres Inovia.

La gestion des rotations est essentielle. « Il faut en particulier respecter les fréquences de retour des cultures », explique la spécialiste. Celles-ci sont liées à la durée de conservation du parasite dans le sol, qui est plus ou moins longue selon l’organe de conservation. Un sclérote y subsiste par exemple longtemps. « Pour les légumineuses, un délai de six ou sept ans minimum est préconisé, mais demeure insuffisant pour certains pathogènes comme Aphanomyces. »

Réduire la quantité d’inoculum

Attention, également, au choix des cultures intermédiaires ou associées, et aux repousses qui s’avèrent quelquefois des espèces hôtes. « On raisonne souvent les maladies sur les cultures de rente, mais il ne faut pas oublier le reste. » De plus, les résidus constituent des sources d’inoculum pour les cultures suivantes ou voisines. En les laissant à la surface, le risque de libération de spores, lorsque les conditions de développement sont favorables, est important. « Il est conseillé d’enfouir les résidus d’une culture malade ou de les broyer afin d’accélérer leur décomposition, rappelle Anne Moussart. Les spores se conservent moins longtemps dans le sol, et leur dissémination aérienne est freinée. Des phénomènes de compétition avec d’autres organismes entrent également en jeu. »

Autre point de vigilance : l’état sanitaire des semences, qui doivent être saines. « L’ascochytose, la bactériose ou encore le mildiou sont des exemples de maladies pour lesquelles les pathogènes restent sur ou dans les semences. Dans le cas de la pourriture grise, ce sont les sclérotes qui se retrouvent parfois mélangés aux semences, puis redisséminés. » ajoute l’expert.

« D’autres leviers interviennent pour minimiser les dégâts lorsque l’agent pathogène est présent sur la culture, notamment la résistance variétale. » En féverole, par exemple, peu d’informations sur les niveaux de résistance aux principales maladies sont disponibles. Terres Inovia a mis au point des tests en conditions contrôlées sur ascochytose. Cette dernière se développe en foyers et provoque des taches brun cendré peu nombreuses avec des picnides au centre, qui évoluent en coulures. « L’ascochytose était dominante au début des années 1990. Aujourd’hui, les variétés cultivées possèdent des niveaux de résistance plus élevés tandis que celles sensibles sont moins multipliées. C’est sans doute ce qui a causé le déclin de cette maladie, observé depuis 2003. »

Justine Papin

À chacun ses préférences

Plusieurs types d’agents pathogènes se distinguent. « Il y a ceux qui attaquent de très nombreuses cultures, pas seulement les légumineuses. C’est le cas de la sclérotiniose, ou pourriture grise, qu’on a du mal à contrôler », expose Anne Moussart, ingénieure à Terres Inovia. D’autres affectent plusieurs espèces de légumineuses, mais pas les autres cultures, comme Aphanomyces.

Enfin, certains sont spécialisés sur une seule espèce de légumineuse, à l’instar de Botrytis fabae qui n’atteint que la féverole. « Il en existe aussi pour lesquels les gammes d’hôtes ne sont pas ou peu connues. C’est en outre le cas de la majorité des pathogènes telluriques », complète la spécialiste.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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