L’emploi de buses à injection d’air est souvent recommandé, voire imposé. En l’occurrence, afin de réduire la largeur des zones non traitées (ZNT) de 50 m, ou moins, à 5 m.

Désormais, en ce qui concerne certaines molécules, la réglementation impose aussi d’utiliser des buses à limitation de dérive. « C’est notamment le cas pour les spécialités à base de prosulfocarbe depuis fin 2017 », a rappelé en novembre Anne-Monique Bodilis, ingénieure à l’Institut Arvalis, en Pays de la Loire.

Par conséquent, si ce type de matériel limite effectivement la dérive des spécialités employées de 60 à 75 %, on peut légitimement se questionner sur son efficacité. En effet, les buses à injection d’air augmentent la taille des gouttelettes, et leur répartition est moins homogène qu’avec des buses à fente classique.

« Tant que le volume de bouillie est suffisant, elles donnent des résultats équivalents », a constaté Arvalis à l’issue de ses essais. Toutefois, en fonction des types de produits utilisés, les résultats diffèrent légèrement. Notamment, avec du glyphosate, les tests ont démontré que quel que soit le type de buses adopté, leur performance est certaine, cependant, les effets sont meilleurs si on diminue le volume de bouillie.

Produits de contact

Inversement, avec les fongicides appliqués sur épi contre fusariose, il faut un volume minimum de 150 l/ha, et le modèle du matériel n’a pas d’importance. Quant aux herbicides racinaires, ils restent sensibles aux caractéristiques du sol, et pas au volume de bouillie ni au type de buse.

Il n’y a pas eu d’effet notable à propos des sulfonylurées à action antigraminées (type Archipel WG ou Alister) comme des fongicides systémiques sur feuille (metconazole, par exemple). « Mais pour les herbicides de contact, Emblem sur maïs par exemple, l’injection d’air est significativement moins efficiente que la fente classique à bas volume seulement », ajoute Arvalis.

Céline Fricotté