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Les bénéfices de l’agriculture de conservation des sols prouvés

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Cette agriculture fait du bien aux plantes, au sol et à la nature. Mais des freins restent à lever.

Jean-Pierre Sarthou, professeur d’agronomie-agroécologie et chercheur, a fait le point sur les principaux services écosystémiques rendus par l’agriculture de conservation des sols (ACS), lors d’une journée organisée par l’Association pour une agriculture durable (Apad), le 21 septembre dernier. Cinq sont notamment reconnus : les performances agronomiques, l’atténuation du changement climatique, le comportement hydrique du sol amélioré, la fertilité du sol boostée et la préservation de la biodiversité. Le premier sera explicité dans cet article, les quatre autres seront développés dans La France agricole de la semaine prochaine.

Rendements supérieurs

D’après les résultats de plusieurs études réalisées au niveau mondial, les rendements de l’ACS seraient inférieurs de 2,5 % à ceux issus de l’agriculture conventionnelle. « Dans ces études, des semis à la même date ont été réalisés pour les deux systèmes, précise le chercheur. Or, en ACS, il est conseillé d’avancer cette date en automne, et de la reculer au printemps. Par ailleurs, les systèmes ACS étaient récents. Après plusieurs années, les rendements augmentent. »

En contexte de stress hydrique, l’ACS est plus résiliente et les rendements sont plus importants de 7,3 %. « En France, ces derniers sont, en moyenne, supérieurs de 13 % à ceux issus de l’agriculture conventionnelle », explique Jean-Pierre Sarthou. En revanche, la stabilité des rendements est identique entre les deux conduites.

Après quelques années d’ACS, les levées d’adventices après semis diminuent, donc le recours aux herbicides aussi, pour s’approcher de celui observé en agriculture conventionnelle, voire être inférieur. « Cette baisse d’utilisation n’est pas immédiate, mais plutôt envisageable à partir de la deuxième rotation », témoigne un agriculteur interrogé dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude. Jean-Pierre Sarthou précise que ce résultat est atteint lorsque l’ACS « est bien conduite, c’est-à-dire en respectant les trois piliers (lire ci-contre). Si seul le semis direct est pratiqué, les levées d’adventices et l’utilisation des herbicides augmentent. De même, le semis direct seul favorise l’écoulement d’eau dans les galeries verticales de vers de terre, et accroît ainsi le risque de pollution dans les nappes. » En revanche, l’ACS augmente le temps de percolation et favorise la diversité des bactéries dégradant les molécules d’herbicides dans l’eau.

Florence Mélix
Trois piliers

L’ACS permet de « produire et de protéger » grâce à un sol vivant. Promue par l’Association pour une agriculture durable, elle s’appuie sur trois principes :

aucun travail du sol et une perturbation minimale lors du semis ;

la couverture permanente du sol grâce à des couverts végétaux en interculture ;

la diversification des espèces cultivées, afin d’allonger les rotations.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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