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Le « strip-till végétal »peu référencé

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Le « strip-till végétal », ou « bio strip-till » en anglais, a été mis au point par les agriculteurs engagés dans la conservation des sols. © Arvalis

Optimiser les couverts végétaux en les localisant par rapport à la ligne de semis de la culture principale : si l’idée est bonne, la mise en œuvre et les résultats sont moins encourageants.

Remplacer le travail de l’acier par celui des racines : le principe du « strip-till végétal » fait rêver tous les amateurs de conservation du sol. De quoi s’agit-il ? D’une combinaison de la technique du strip-till – travail du sol localisé sur la ligne du semis – et de l’implantation de couverts végétaux. L’objectif est de localiser les espèces d’interculture en fonction de leurs bénéfices agronomiques. Sur la future ligne de semis, une légumineuse ayant un système racinaire de type « pivot », donc structurante comme la féverole ou le radis chinois, est implantée. Une espèce économique, couvrante et/ou ayant un effet allélopathique (1) – avoine, seigle… – est semée sur l’interrang pour éviter le développement des adventices. Après destruction de cette interculture différenciée par gel, roulage et/ou chimie, une culture de printemps – maïs, tournesol, soja… – est implantée à l’aide d’un système de guidage.

Amélioration de la structure du sol, diminution du travail mécanique, effet azote (lire l’encadré)…, les bénéfices agronomiques attendus du « strip-till végétal » sont intéressants, mais « la mise en œuvre génère des contraintes importantes, souligne Damien Brun, ingénieur chez Arvalis. Bien que des équipements existent pour optimiser les passages, les deux types de couvert sont généralement semés séparément, ce qui augmente le temps de travail et le coût d’implantation. »

Reprise de la bande au printemps

Entre 2012 et 2015, l’Institut du végétal a réalisé des essais à Boigneville (Essonne) et à La Jaillière (Loire-Atlantique). Sur le premier site, du maïs a été implanté suivant une méthode de strip-till classique et comparé à des modalités de « strip-till végétal » : féverole d’hiver ou de printemps semée sur le rang, et avoine en interrang. Pour ces essais, aucune différence de rendement significative n’a été observée, bien que le tout ait été sous-fertilisé pour ne pas atteindre le plafond de fourniture en azote.

Il en est de même sur le deuxième site, où d’autres combinaisons ont été comparées : avoine avec radis chinois ou féverole, et féverole et radis chinois. Selon les situations, une reprise plus ou moins superficielle des bandes peut s’avérer nécessaire au printemps. Sans ce travail du sol, le maïs, implanté de façon trop superficielle, a fait les frais des attaques d’oiseaux. En outre, Damien Brun fait savoir que la présence de résidus à proximité de la ligne de semis du maïs favorise les dégâts de limaces.

Arvalis souligne que, à la suite d’un dégât de corbeaux sur un essai, il n’a pas été possible de conclure sur l’intérêt de la technique par rapport à un semis en plein. D’autres tests seraient nécessaires pour l’affiner. En effet, en dehors de ces données, peu de références existent sur les rendements, l’impact sur le salissement des parcelles, l’érosion…

Cette approche, qui a surtout fait parler d’elle il y a quelques années, semble être assez peu mise en œuvre actuellement. Bien que l’idée ouvre de nombreuses possibilités d’associations et d’itinéraires techniques, « le soufflé est un peu retombé », estime Damien Brun.

Hélène Parisot

(1) Via leurs racines, certaines espèces sécrètent
des substances repoussant les parasites.

Localiser l’azote des légumineuses

Implanter une légumineuse sur le futur rang de semis de la culture principale représente un apport localisé d’azote en profondeur via l’appareil racinaire et les nodosités, qui fixent l’azote atmosphérique. Selon Arvalis, ce point est particulièrement intéressant dans le cas des sols argileux, qui limitent les travaux aux champs.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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