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Le sorgho, un atout dans les systèmes d’élevage en période sèche

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Fourrage - Le sorgho, un atout dans les systèmes d’élevage en période sèche
« Le sorgho a besoin de peu de fumure. Si on lui en apporte trop, la culture se développe très vite, favorisant des tiges fines, donc le risque de verse », précise Florian Blot. © Ch. Watier

Parce qu’il résiste mieux au déficit hydrique, le sorgho est un fourrage intéressant, notamment dans les rations de bovins lait, à condition de respecter un itinéraire technique précis.

«Le sorgho n’est pas révolutionnaire, mais il s’adapte bien aux évolutions climatiques, et reste un fourrage complémentaire du maïs », affirme Florian Blot, référent fourrages chez Seenovia. Face à la sécheresse, toutes les cultures ne sont en effet pas égales. C’est ce qu’a démontré l’étude de Lemaître, de 1996, sur la production fourragère du maïs et du sorgho : si le premier reste plus productif en conditions non limitantes en eau (24 tonnes de matière sèche par hectare produites, contre 18 t MS/ha pour le sorgho), l’avantage est au sorgho en cas de déficit hydrique (13 t MS/ha, contre 9 t MS/ha pour le maïs).

Soigner le semis

« Le sorgho résiste mieux à la chaleur : il présente une meilleure efficience de l’eau, c’est-à-dire la quantité de fourrage produite par millimètre d’eau en cas de sécheresse », indique Florian Blot. Pour les vaches laitières, l’expert conseille d’opter pour un sorgho fourrager monocoupe BMR, à nervure centrale brune, qui présente des valeurs UFL (unité fourragère lait) similaires à celles du maïs ensilage.

Si la culture se distingue par sa capacité à repartir après une période de stress - après une pluie -, elle nécessite toutefois de respecter un itinéraire technique précis, à commencer par le semis. « Le lit de semence doit être le plus régulier et le plus fin possible, indique Florian Blot. Les graines étant petites, il faut favoriser le contact avec la terre. » Le sol doit être suffisamment réchauffé - température supérieure à 12 °C -, pour assurer une bonne qualité de levée et permettre à la culture de concurrencer les adventices. « Attention à ne pas semer à une densité trop forte, qui entraîne des tiges fines et augmente le risque de verse. La récolte sera difficile si le sorgho est couché », note le spécialiste. Pour des écartements de 50 à 75 cm suivant l’équipement, il recommande 150 000 à 182 000 graines à l’hectare, et une profondeur de semis de 3 à 4 centimètres.

« La maîtrise des adventices passe d’abord par le choix du précédent, qui doit couvrir le sol et lui donner une structure adéquate », poursuit le spécialiste. Il conseille par ailleurs de privilégier un faux semis entre le couvert et l’implantation du sorgho, qui survient plus tard que celle du maïs, vers la mi-mai. « Un premier désherbage pourra être effectué au stade 3 feuilles, puis un second au stade 6-8 feuilles. Le cas échéant, un binage est également possible. Il permet de maîtriser le salissement et de booster la culture. »

Justine Papin

Avantage dans la ration

La cellulose du sorgho étant très digestible, « incorporé dans la ration, il garde une densité énergétique élevée, tout en diluant l’amidon, et augmente le pourcentage de sucres », précise Florian Blot. Il a, de plus, un impact positif sur le taux butyreux, mais pénalise cependant l’ingestion à cause de sa faible matière sèche. « Nous recommandons de limiter l’apport de sorgho fourrager monocoupe à 4 ou 5 kg de matière sèche, pour voir les effets bénéfiques sans perdre en ingestion et diminuer la production laitière. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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