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« Le pois chiche résiste au sec mais est difficile à désherber »

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Mauvaises herbes. « Au printemps, le pois chiche met du temps à recouvrir le sol et à arriver à maturité, ce qui favorise la levée des adventices », soulignent Aurélien (à gauche) et Jean-Pierre Lemaire. © A. brehie r

À la recherche d’alternative au colza, la famille Lemaire cultive du pois chiche depuis quatre ans. C’est une bonne tête de rotation.

À Vermenton, dans l’Yonne, les pois chiches ont bien résisté à la sécheresse sévère de cet été. « Ils ont séché, mais ont atteint malgré tout un rendement de 15 q/ha, soit seulement 3 q/ha de moins que l’année précédente, pointe l’agriculteur Aurélien Lemaire. La culture, il est vrai, avait été installée dans des terres assez profondes. »

Plante d’origine méditerranéenne, la légumineuse ne craint pas les coups de sec. Elle sait s’adapter. « Si besoin, elle arrête son développement et repart, note le jeune agriculteur. Les fortes chaleurs de juin n’ont pas fait avorter les fleurs des pois chiches, contrairement aux autres protéagineux. En année sèche, le diamètre des pois est plutôt bon. »

Rustique, la plante est toutefois exigeante en type de terre. Il lui faut des sols filtrants, bien drainés, ni superficiels ni lourds. Sur l’exploitation, la culture est implantée en mars, derrière une orge d’hiver ou de printemps, quand les terres sont réchauffées et bien ressuyées (après labour ou non, selon les conditions de l’automne et de l’hiver précédent). La variété « Twist » est semée peu dense, à 80 grains/m².

Économe

Le pois chiche n’a besoin ni d’insecticide, ni de fongicide. Il ne craint pas la verse. L’acide malique que produit la plante repousse une partie des insectes. La fertilisation se résume à un apport de 60 unités/ha d’acide phosphorique avant le semis. « La première année, nous avons également apporté un peu de potasse et de fer sous forme foliaire. Nous ne le faisons plus car nos sols en sont suffisamment pourvus. »

Outre l’absence d’inoculum qui complique l’implantation en première année, le point délicat de la culture est le désherbage. Le pois chiche a besoin de temps pour recouvrir le sol et arriver à maturité, ce qui est favorable au développement des mauvaises herbes. « Au printemps, explique Aurélien, on a affaire aux dicotylédones (gaillet, renouée en particulier), à la folle avoine et aux chardons. Pour cette espèce, il n’y a pas de solution chimique. Seul un binage en mai-juin est efficace. »

En post semis-prélevée

La famille Lemaire a tâtonné avant de trouver le bon itinéraire de désherbage. En 2017, les agriculteurs ont désherbé en post semis-prélevée. Un mois après le semis, fin avril, ils ont passé un coup de herse étrille quand les pois avaient 10 cm de haut. Les résultats ont été très bons. Ce protocole a été repris cette année.

La culture, très longue à venir à maturité, est récoltée mi-août à 15 % d’humidité. La plante mesure alors 30-40 cm, voire jusqu’à 60 cm de haut. S’il pleut fin juin (ce qui n’a pas été le cas cette année), la plante repart, refait des feuilles et des fleurs, ce qui ramène l’humidité et des grains verts. Il est conseillé de couper ni trop haut, ni trop bas, en faisant attention en présence de cailloux.

Anne Bréhier

Une culture de niche

Chez les Lemaire, le pois chiche est cultivé depuis quatre ans. « Mon père, précise Aurélien Lemaire, a commencé sur une proposition de la coopérative Ynovae (1). À l’époque, c’était une culture avec un prix ferme annoncé au semis (550 €/t les trois premières années). En 2018, on a un prix garanti à 480 €/t. Peut-être y aura-t-il des compléments [de prix]. »

L’an passé, le pois chiche avait assuré la meilleure marge par hectare de l’exploitation (802 €/ha moins 110 €/ha d’aides découplées).

(1) Elle est née de la fusion entre les coopératives Cerepy et Capserval.

Plus d'infos sur le sujet

Sur les plateaux de Bourgogne, la famille Lemaire cultive 360 ha, dont 30 % de blé et 30 % d’orge (hiver et printemps).Le reste se répartit entre le colza, le pois chiche (25 ha en 2018), le pois d’hiver ou de printemps, plus un peu de sarrasin ou de tourneso l. L’avoine nue a été arrêtée faute de contrat.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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