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Le millet, source de diversification

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Le désherbage du millet pose peu de problèmes. © J.-C. Renaudat

Avec un semis décalé au printemps et peu d’intrants, la graminée peut trouver sa place dans les assolements.

Parmi les cultures de printemps possibles, le millet peut prendre une petite place dans les assolements. « Après les conditions de semis difficiles de cet automne, il s’avère une piste de diversification, expose Jean-Charles Renaudat, de la société du même nom. Mais avant d’envisager un semis, il est indispensable d’assurer le débouché via un contrat (250 à 300 €/t) car le marché est parfois vite saturé. »

De la famille des graminées, les millets blanc, jaune ou rouge sont peu exigeants quant au choix du sol et relativement tolérants à la sécheresse. Afin d’assurer un démarrage rapide et homogène, gage de potentiel, le semis s’effectue dans un lit de semences suffisamment réchauffé (15 °C), ce qui correspond souvent à la mi-mai en région Centre. « L’important est de déposer les graines dans un sol rappuyé par un roulage préalable et de semer à une profondeur de 1 à 2 cm maximum, explique le spécialiste. La dose de semis est comprise entre 10 et 15 kg/ha en fonction du PMG. »

Si le millet présente une grande résistance aux maladies, en revanche, plusieurs ravageurs sont à surveiller dès l’émergence des plantules. Très appétants, en cas de printemps humide ces derniers peuvent être rapidement dévorés par les limaces. Et depuis quelques années, des dégâts de pyrale du maïs sont observés ici ou là. « Comme toutes les graminées, le millet consomme de l’azote et, pour couvrir ses besoins, il est possible d’apporter 80 u/ha au semis ou peu après », recommande l’expert.

Plante nettoyante

Le millet est souvent introduit dans un assolement pour gérer des problèmes de graminées résistantes devenues incontrôlables dans les cultures d’hiver. Le désherbage repose essentiellement sur la lutte contre les dicotylédones avec les mêmes herbicides que ceux homologués sur maïs et contre les graminées estivales (panics, sétaires, digitaires). Tous ne sont pas sélectifs de la graminée, néanmoins, Arvalis a mis en place des essais dans le but de tester leur sélectivité. Utilisées en postlevée de la culture (2 à 10 feuilles), les spécialités à base de bentazone (Basagran SG) et de bromoxynil (Amzer, Emblem, etc.), efficaces contre de nombreuses dicots, présentent la meilleure sélectivité. Les produits à base de S-métolachlore (Mercantor Gold) gèrent correctement les graminées estivales.

« Compte tenu de son cycle court, il est possible de semer un millet après un colza ou un pois tout en visant un potentiel correct, à condition de bénéficier d’un peu de pluie en août, expose Jean-Charles Renaudat. Toutefois, depuis deux ans où nous subissons des étés très secs, l’irrigation au moment de l’épiaison a montré son intérêt. Un tour d’eau de 30-40 mm est très bien valorisé. »

En culture principale, la récolte se déroule la première quinzaine de septembre, directement à la moissonneuse, cependant on peut andainer quelques jours avant maturité puis récolter les andains.

Vincent Thècle

« Un bon précédent à orge »

« Voilà une douzaine d’années que j’ai introduit le millet rouge dans l’assolement. Au départ, il s’agissait de résoudre des problèmes de brome après le passage au semis direct. Maintenant, la culture occupe chaque campagne entre 10 et 20 ha et s’intercale entre un blé et une orge. Le désherbage antidicotylédones pose peu de problèmes, en revanche, nous commençons à voir apparaître des graminées estivales (panics).

Depuis quelques années, la pyrale nous pose également des soucis avec de la casse de tiges avant récolte qui occasionne des pertes. Il nous faudrait une alerte pour positionner un insecticide au bon moment. Par ailleurs, depuis deux ans, les sécheresses estivales amputent le potentiel qui s’avère de l’ordre de 30 q/ha dans nos argilo-calcaires assez lourds. »

Jean-Christophe

Debourges,

agriculteur

à Vicq-Exemplet,

dans l’Indre

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Cet article est paru dans La France Agricole

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