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Le mildiou du tournesol, un pathogène très évolutif

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Avec une capacité de conservation pouvant aller jusqu’à dix ans, le mildiou est globalement présent dans toutes les parcelles où le tournesol a été cultivé en culture principale, en couvert ou en dérobée. © Terres Inovia

Le risque zéro n’existe pas, mais il est possible de se reposer sur des moyens de lutte très efficaces : agronomie, génétique et traitement de semences.

La surveillance annuelle du mildiou du tournesol a montré une pression faible en 2021 (9 % de parcelles touchées contre 19 % en 2020). Attention toutefois, 2020 ayant été une forte année pour le mildiou, les réservoirs d’inoculums sont pleins. En outre, cet agent pathogène dispose d’une forte capacité d’évolution. « Dans le monde, une cinquantaine de races ont été recensées, avec une petite vingtaine en France, dont neuf officiellement reconnues, complète Emmanuelle Mestries, de Terres Inovia. Des profils “RM” ont donc été définis pour les variétés, “RM9” étant le plus complet car il amène la résistance à toutes ces races. »

Des isolats problématiques

Des cas d’attaques (+ 10 % de pieds nanifiés) ont cependant été identifiés sur des variétés RM9, surtout dans le grand Sud-Ouest. « Les races continuent d’évoluer avec l’apparition d’isolats problématiques qu’on ne sait pas très bien caractériser (lire l’encadré) et qui témoignent de l’existence de contournements de résistances. Le plus fréquent serait le contournement du gène Pl8 par un isolat de race 714, ajoute la spécialiste. Cela semble indiquer que les variétés RM9 concernées par ces contournements disposaient de ce seul gène de résistance. »

La première base de lutte va donc reposer sur la connaissance des races sur le territoire. Les pratiques agronomiques sont aussi essentielles. Il faudra, entre autres, maintenir une rotation longue ou l’allonger (deux ans sans tournesol) et décaler l’implantation en cas de fortes pluies annoncées.

Le deuxième pilier repose sur le choix variétal. Cela passe par la connaissance des parcelles : quelles variétés ont été cultivées ? Y a-t-il eu des attaques par le passé ? « Dans tous les cas, l’alternance est préconisée. Il y a toujours intérêt à changer de variété et de génétique pour varier les constructions génétiques, maintenir l’efficacité des résistances et éviter les contournements. C’est-à-dire changer les variétés entre profils RM et à l’intérieur d’un même profil RM », appuie Emmanuelle Mestries.

Les informations sur les profils RM peuvent être retrouvées sur myvar.fr. Sinon, il est possible de demander au semencier ou à son fournisseur si la variété choisie a une construction génétique différente des précédents tournesols. Terres Inovia a aussi publié sur son site une liste des variétés résistantes à l’isolat problématique le plus fréquent et une autre des variétés RM9 contournées.

Deux dérogations

Dernier outil de lutte, le traitement de semences. Alors que la résistance de Plasmopara halstedii à l’Apron XL est apparue très rapidement, l’objectif est de préserver les nouvelles solutions. Selon son choix variétal, il sera recommandé d’utiliser un traitement de semences ou pas. S’il n’y a qu’un seul gène Pl efficace, qui risque d’être contourné, Terres Inovia conseille un traitement associé. En revanche, un tournesol cumulant plusieurs de ces gènes n’en aura pas besoin.

Apron XL (métalaxyl M), qui était autorisé jusqu’au 1er juin 2021, vient d’obtenir une dérogation (du 1er mars au 29 juin 2022). C’est aussi le cas pour Lumisena, à base d’oxathiapiproline (1). « Très efficace sur mildiou, son mode d’action est intéressant car différent du métalaxyl M, ajoute l’institut. Mais étant unisite, il devra plutôt être utilisé en association avec Apron XL. »

C. F.

(1) Pour 2022, une autre dérogation 120 jours est attendue sous peu pour Plenaris (oxathiapiproline).

Résultats pour mi-2022

Le projet « Optimildiou » en cours devrait permettre de mieux identifier les isolats problématiques. Autre objectif : développer une méthode moléculaire d’identification des races de mildiou plus rapide, moins coûteuse et plus facile à mettre en œuvre. Ses résultats sont attendus pour la mi 2022.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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