Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Le désherbage, point clé des betteraves sucrières bio

réservé aux abonnés

 - -->
©

La hausse de la demande en sucre bio incite industriels et agriculteurs à développer la culture de betteraves bio, malgré une gestion complexe de l’enherbement.

Le désherbage est l’enjeu principal en culture de betteraves bio. « Cette plante est très sensible et ne supporte pas la concurrence avec les adventices », a indiqué Henry de Balathier, délégué de l’ITB (1), à l’occasion d’un salon Tech et Bio. Avec une croissance lente, la betterave a une faible capacité de concurrence avec les adventices au stade juvénile : la fermeture de l’interligne apparaît tardivement. « Le rendement peut tomber à 0 t/ha si l’enherbement n’est pas maîtrisé, mais peut également atteindre 50 à 60 t/ha dans les bonnes terres au sud de Paris, par exemple », explique-t-il.

La gestion du salissement commence avant le semis. Le meilleur précédent cultural pour la betterave est une céréale, qui laisse du temps pour un ou plusieurs déchaumage(s) et l’implantation d’un engrais vert non gélif couvrant le sol. Il est déconseillé d’implanter un mélange trèfle-graminées, ces dernières étant difficiles à gérer ensuite. Les mélanges légumineuses-moutarde ont, en revanche, une action antinématode intéressante. Un ou plusieurs faux semis, réalisés à 10-15 jours d’intervalle, permettent également de réduire le stock semencier.

Levée rapide

« Pour le semis, l’idée est de mettre tout en œuvre pour favoriser une levée rapide et créer un décalage phénologique avec les adventices », complète Pierre Lesage, responsable agronomique chez Cristal Union.

D’abord, il faut choisir une variété vigoureuse, avec un développement juvénile rapide. Puis, il est conseillé d’opter pour un semis assez tardif, autour de la mi-avril. Un sol réchauffé (min. 5 °C) assure une levée rapide. L’engrais vert permet aussi de bien structurer le sol et d’accélérer son réchauffement au printemps. « La préparation du sol doit être fine, plane et appuyée, pour garantir une levée homogène, facilitant le désherbage mécanique », souligne-t-il. Très exigeant en main-d’œuvre, celui-ci est possible entre les stades 2 à 10-12 feuilles. « Il représente de 20 à 100 heures de travail par hectare. Au-delà, il y a une remise en cause de la marge vis-à-vis de l’augmentation de la charge de main-d’œuvre », estime Henry de Balathier.

Sous l’impulsion de la volonté de réduction des IFT herbicides en agriculture conventionnelle (1), le matériel évolue vite. La bineuse équipée de moulinets en caoutchouc, qui permet de travailler dans le rang jusqu’au stade 12 feuilles, est intéressante, bien qu’elle nécessite une levée régulière.

Hélène Parisot

(1) Institut technique de la betterave.

(2) Voir La France agricole n° 3750, p. 35

Déploiement simultané par les grandes coopératives sucrières

Malgré le défi technique du désherbage, la filière de la betterave bio est en développement, sous l’impulsion des industriels qui souhaitent se conformer à la demande des consommateurs.

Chez Crital Union, 145 hectares ont été emblavés pour cette campagne, sur vingt-six exploitations dans le sud de Paris : la récolte permettra d’expérimenter la transformation. Quatre parcelles expérimentales avaient déjà été implantées en 2017 pour travailler sur les itinéraires techniques. L’objectif est d’atteindre 1 500 hectares en 2019, année de première mise sur le marché de sucre bio pour la coopérative.

Tereos a également annoncé, mi-septembre, le démarrage expérimental de production de betteraves bio avec des essais en plein champs. L’objectif visé : produire du sucre bio lors de la campagne 2019 sur le site d’Attin (Pas-de-Calais).

Techniques à l’étude

Le travail des robots pourrait être une réponse au besoin de main-d’œuvre important exigé par le désherbage.

Le repiquage de la betterave, à l’image de ce qui se fait en maraîchage, permettrait d’obtenir des betteraves plus grosses plus rapidement, pour faciliter le travail mécanique.

Le sarclage perpendiculaire aux lignes n’est pas encore opérationnel.

Le désherbage thermique est très peu utilisé, car énergivore.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !