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La plante inondée s’adapte

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Plein champ. Les travaux ont été effectués en hydroponie, il faudra donc réaliser des tests en plein champ afin de cerner les mécanismes en conditions réelles. © J. DERIGNY

Le potassium présent dans le sol permet à la plante de mieux récupérer.

Des feuilles qui flétrissent et des plantes qui, finalement, meurent dans un sol inondé… Ce phénomène naturel a souvent été observé lors du dernier printemps très pluvieux. En cas d’inondation, l’oxygène diffuse mal dans le sol et vient à manquer aux racines, qui en réaction, réduisent leur perméabilité à l’eau.

Des chercheurs du CNRS et de l’Inra ont travaillé cinq ans sur ce mécanisme et ont mis en évidence un gène qui contrôle la perméabilité des racines à l’eau. « Nommé HCR1, il réduit l’entrée d’eau dans les racines quand l’oxygène fait défaut…, mais uniquement quand le sol est riche en potassium, précise Christophe Maurel, directeur de recherche au laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes (Inra/CNRS/SupAgro/Université de Montpellier). Ce gène déclenche également toute une série de réactions métaboliques permettant à la plante de tolérer l’inondation. »

Potassium à surveiller

Lorsque le sol n’est plus inondé et que la plante retrouve un sol oxygéné, elle restaure son statut hydrique et utilise les nutriments du sol, dont le potassium, pour croître.

« Il faut donc bien veiller à la nutrition minérale de la plante, et notamment à la présence de potassium, estime le chercheur. Car dans le cas de sols souvent soumis aux inondations, sa teneur peut rapidement se dégrader. Nous proposons qu’un sol riche en potassium aide la plante à se remettre du stress induit par une immersion, complète ou au niveau de ses racines. Cette mesure devra bien sûr être testée dans des contextes agronomiques précis. »

Florence Mélix
Vers la sélection

Différentes lignées de la plante modèle Arabidopsis thaliana ont été utilisées pour identifier le gène HCR1. « Même si toutes les espèces végétales possèdent cette famille de gènes, toutes ne possèdent pas exactement ce même gène HCR1, précise Christophe Maurel. Il faudra donc trouver chez les espèces cultivées quels gènes homologues ont des fonctions similaires à celles de HCR1. On pourra ensuite envisager un travail de sélection ciblé sur ces gènes et ces caractères. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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