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« La modulation intraparcellaire de la densité de semis me fait gagner 150 €/ha »

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« En 2020, je sèmerai 100 à 130 hectares de maïs avec Modip. Je ne pense pas que ça vaille la peine sur les 170 ha, dont 20 ha en maïs semences, car sur les parcelles restantes, les sols sont plus homogènes », justifie Jérôme Gutleben. © I. Lartigot

Pour maximiser son rendement, Jérôme Gutleben adapte la variété de maïs et le nombre de pieds à l’hectare à la typologie des sols de son exploitation.

«Mon grand-père pratiquait déjà la modulation intraparcellaire (Modip) avec son vieux semoir. Dès qu’il entendait les cailloux – zone où la réserve utile (RU) est faible –, il réduisait de moitié la densité de semis du maïs à l’aide d’un embrayage électrique. Il était habitué aux mauvais rendements dans ces terres-là », introduit Jérôme Gutleben, installé sur l’EARL de Meyenheim (Haut-Rhin) depuis une vingtaine d’années. Les parcelles de l’exploitation, situées dans la Hardt agricole, sont en effet hétérogènes et présentent jusqu’à quatre types de sols différents.

De bons résultats réitérés

Partant de ce constat, Christian Jenn, de la Coopérative agricole de Colmar (CAC68), s’est penché sur la modulation intraparcellaire. La première phase de ce projet concerne la densité de semis du maïs dans les terres irriguées. La coop fournit des cartes de sols pour chaque parcelle. « La typologie des sols ne résulte pas des pratiques agricoles, explique Christian Jenn, mais de leur formation, lorsque le Rhin a creusé son lit entre les Vosges et la Forêt-Noire. » Les cartes établies pour chaque parcelle sont donc valables « pour toujours ». L’agriculteur les paie une seule fois.

La CAC68 oriente aussi le choix variétal. « Les variétés ne répondent pas toutes de la même manière à la densité de semis », précise le chef de projet.

En avril 2017, Jérôme Gutleben a testé la méthode sur deux parcelles de 60 ha. Contrairement aux pratiques de son grand-père, il a surévalué la densité de semis dans les terres de cailloux, plus chaudes avec un meilleur potentiel, et limité dans les terres profondes, argileuses et froides à forte réserve utile. L’irrigation étant calculée en fonction de la RU la plus faible, « le maïs a les pieds dans l’eau dans les terres froides », ajoute Christian Jenn.

Jérôme a semé la variété DKC4814, à une densité allant de 90 000 pieds à l’hectare en terres profondes à 105 000 en terres de cailloux, pour une préconisation moyenne de 95 000 pieds. « Grâce à Modip, j’ai produit 1 t/ha de plus par rapport au témoin non modulé. Le rendement moyen était de 141 q/ha. J’ai gagné 150 euros bruts par hectare, hors frais de séchage », détaille l’agriculteur.

Ce bon résultat a été reproduit pour les semis de 2018 sur 100 ha, avec un rendement moyen de 153 q/ha (variétés DKC4814 et DKC5152). Malheureusement, la campagne suivante, « nous avons subi un épisode de grêle le 6 août 2019, qui a touché 100 ha sur les 130 ha modulés, poursuit le maïsiculteur. Le rendement des parcelles touchées a été très pénalisé, plafonnant à 70 q/ha. En revanche, sur ce qui est resté en place, c’était très bon, de l’ordre de 147 q/ha (avec la DKC4814). »

Isabelle Lartigot

Le frein à Modip est l’inadéquation du matériel

La mise en place de la modulation intraparcellaire chez Jérôme Gutleben a été possible, car il possède le matériel adapté et que l’itinéraire technique est optimisé en totalité (toutes les parcelles modulées sont irriguées).

« Le gros frein au développement de Modip aujourd’hui, c’est le matériel », ajoute Christian Jenn. La modulation de la densité de semis nécessite que le semoir soit électrique ou hydraulique. La CAC68 propose désormais de transformer les semoirs mécaniques en électriques, pour un budget inférieur à 10 000 €. Le premier prototype modifié est opérationnel.

Une partie du kit de transformation du semoir mécanique en électrique. © CAC68
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Cet article est paru dans La France Agricole

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