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«  La lentille verte apprécie nos terrains secs  »

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Débouchés. La production de Laurent Cordaillat est conditionnée dans l’usine Cibèle. © photos : V. Thècle

Intégrée de longue date dans l’assolement, la lentille verte occupe chaque année entre 10 et 15 hectares chez Laurent Cordaillat.

Céréalier de Champagne berrichonne, Laurent Cordaillat est installé à Saint-Georges-sur-Arnont (Indre), l’une des quarante-neuf communes que compte l’aire d’appellation Lentilles vertes du Berry. « Malgré les soubresauts de rendement et de cours, nous avons toujours cultivé Anicia, seule variété à ce jour, en visant un potentiel moyen de 20 q/ha. Cette légumineuse est bien adaptée à nos terrains argilo-calcaires, à faible réserve hydrique.

En revanche, pas question de trop augmenter les surfaces en raison de la sensibilité de la lentille à aphanomyces. »

En pratique, la culture est installée le plus souvent après une orge. Sitôt la moisson terminée, Laurent Cordaillat sème un couvert, mélange de moutarde et d’avoine, censé améliorer la structure. Il est détruit avant la fin de l’hiver et enfoui par un labour.

« Les producteurs adhérents de Cibèle (lire encadré ci-dessous) bénéficient du label rouge depuis 1996 et de l’indication géographique protégée (IGP) depuis 1998. Ils doivent respecter un cahier des charges précis, explique Laurent Cordaillat. Par exemple, celui-ci stipule qu’aucun semis ne commence avant le 1er mars. À partir de cette date, nous attendons un ressuyage complet avant de semer au combiné directement sur labour. L’émergence des premières renouées liseron coïncide aussi avec le réchauffement du sol favorable à une levée rapide des lentilles. »

Le peuplement recherché varie entre 180 et 200 plantes/m² dans les tufs calcaires à 220 plantes/m² dans les terrains caillouteux, soit des densités s’échelonnant entre 240 et 270 grains/m². Sitôt les semences certifiées enterrées, la parcelle est roulée méticuleusement car la qualité de la récolte en dépend. Un premier désherbage est effectué dans la foulée à base d’un mélange Challenge 600 + Nirvana S.

Impasses techniques

En cas de nécessité, l’agriculteur peut encore recourir au Challenge 600 en post-levée à raison de 1 l/ha en un passage ou deux fois 0,5 l/ha. « Compte tenu du peu de solutions herbicides à notre disposition, il importe de privilégier les parcelles les moins infestées de bleuets et de renouées, prévient Laurent Cordaillat. Mal maîtrisées, lors des printemps humides ces dernières redémarrent jusqu’à envahir la culture ce qui ralentit considérablement la moissonneuse. »

En absence de protection, les insectes, cécidomyies, bruches et dans une moindre mesure tordeuses amputent potentiel et qualité. Karaté Zéon contre les cécidomyies et Karaté Xpress contre les tordeuses se montrent efficaces, en revanche, aucune solution n’est homologuée à ce jour pour lutter contre les bruches. « La récolte débute huit à quinze jours après le passage du technicien pour prélabellisation. En travaillant aux heures les plus chaudes, nous limitons les risques de bourrage sous la coupe posée au sol et le débit de chantier peut atteindre 2 ha/h », conclut Laurent Cordaillat.

Vincent Thècle
Interprofession

La section de Terres Univia, l’Anils (1), créée en 2015, regroupe producteurs, collecteurs et conditionneurs. Financée par une CVO de 11 €/t, elle entend faire profiter les quatre bassins de production de lentilles d’une recherche variétale et technique innovante.

(1) L’association nationale interprofessionnelle des légumes secs .


45 producteurs avec Cibèle

La Compagnie interprofessionnelle des producteurs de lentilles du Berry (Cibèle), créée en 1994, regroupe aujourd’hui quelque 45 producteurs. En 2016, ils ont récolté 1 500 t d’Anicia intégralement livrées à l’unité de tri où elles sont conditionnées en sachets de 500 g, 5 et 10 kg. Les agriculteurs adhérents sont tenus de remplir une fiche parcellaire où est mentionnée chacune de leurs interventions issues du cahier des charges. « Le contrat qui lie les deux parties garantit l’achat de 15 q/ha au prix de 60 €/q mais ces dernières années la totalité de la récolte agréée est payée à ce tarif, voire à un prix supérieur, » se réjouit Laurent Cordaillat.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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