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La double vaccination des mères pour renforcer l’immunité des veaux

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Les gastro-entérites néonatales et les maladies respiratoires sont les deux principales causes de traitement et de mortalité en élevages de génisses et de veaux de boucherie. © Ph. Montigny

Un essai, réalisé dans quarante élevages d’Ille-et-Vilaine, confirme le lien utile entre élevages laitiers et ateliers de veaux de boucherie dans les pratiques sanitaires.

Le veau naissant avec un système immunitaire naïf, le transfert d’immunité maternelle est essentiel pour améliorer sa capacité à résister aux agents infectieux durant les premières semaines de vie. Or, « la vaccination des mères contre les principaux agents de diarrhées et de pneumonies participe à réduire la pression microbienne dans leur environnement, à renforcer leur immunité et les premières défenses des veaux recevant leur colostrum », explique Béatrice Mounaix, du service santé et bien-être des ruminants à l’Institut de l’Élevage (Idele).

Un essai sur le terrain, baptisé Veau2 +, porté par l’Idele et l’Inra-Oniris, a été mené dans quarante élevages laitiers en Ille-et-Vilaine entre 2017 et 2018. Dans ce cadre, 819 vaches de race prim’holstein ont été doublement vaccinées. Les mâles de race pure nés de ces vaches ont été engraissés dans dix ateliers de veaux de boucherie. Leurs performances ont été comparées à celles d’animaux issus d’élevages « tout-venant », engraissés dans les mêmes salles.

Des veaux plus robustes

« Les pratiques sanitaires des élevages “tout-venant” n’ont pas été recensées, mais nous pouvons faire le pari très raisonnable que la proportion de mères vaccinées contre les maladies respiratoires était quasi nulle », poursuit l’experte. La double vaccination est une pratique nouvelle. En effet, le Résumé des caractéristiques du produit (RCP) indique clairement la possibilité de vacciner les mères pour protéger les veaux contre certaines diarrhées virales, via le transfert d’immunité passive. En revanche, cette indication n’existe pas à propos des vaccins contre les pneumonies. »

Pourtant, malgré la différence des pratiques de traitements, de distribution du colostrum et des conditions d’ambiance des élevages, des résultats notables ressortent. Parmi les 431 veaux mâles suivis, les animaux issus des mères doublement vaccinées présentaient, en moyenne, à âge égal, un poids supérieur de 2 kg par rapport aux autres à 45 jours d’engraissement. Ils étaient aussi moins nombreux à présenter, trois jours après leur arrivée en atelier d’engraissement, des signes de troubles respiratoires (11,4 % contre 19,1 %). Durant la période à risque des 45 premiers jours d’engraissement, ils ont reçu 2,9 traitements en moyenne, contre 3,5 pour les veaux issus d’élevages « tout-venant ». Les éleveurs engraisseurs impliqués dans l’essai ont considéré que les sujets nés de vaches doublement vaccinées étaient plus robustes et présentaient moins de mortalité.

« À la suite de l’essai, la moitié des éleveurs laitiers ont déclaré réfléchir à vacciner les mères contre les problèmes respiratoires, mais en privilégiant cette pratique pendant la période hivernale, plus à risque, rapporte Béatrice Mounaix. En effet, le calendrier de vaccination est fréquemment considéré comme plus contraignant que la seule injection contre les diarrhées. Malgré cela, plusieurs éleveurs ont constaté l’intérêt possible de cette double vaccination. »

Lucie Pouchard

Pour un meilleur suivi sanitaire entre élevages

« Lors de l’enquête initiale auprès des 80 éleveurs laitiers, il s’est revelé que la majorité d’entre eux avaient une idée imprécise du devenir des veaux mâles après la collecte. Ils sont souvent déconnectés de la réalité des ateliers d’engraissement », explique Béatrice Mounaix. À l’inverse, l’historique sanitaire des animaux reçus dans les ateliers d’engraissement n’est pas connu et peut affecter les décisions de traitements individuels. Recréer le lien entre ces deux maillons pourrait favoriser l’amélioration de la qualité des veaux. « La double vaccination des mères contre les principaux agents de diarrhées et de maladies respiratoires constitue un moyen d’y contribuer », conclut la spécialiste.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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