Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Je produis des Cive pour le méthaniseur »

réservé aux abonnés

Cultures intermédiaires - « Je produis des Cive pour le méthaniseur »
Baptiste Lamelot a ensilé début mai le méteil d’hiver. Il sèmera ensuite du maïs grain. © A. Richard-Covid

Baptiste Lamelot produit des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive). Un atout pour couvrir ses sols et répondre à la réglementation sur les nitrates.

Situé en zone vulnérable, à Vornay, au sud de Bourges (Cher), Baptiste Lamelot a totalement changé sa stratégie pour la couverture de ses sols. Avec son père, ils ont monté un méthaniseur (250 kW) afin de chauffer des serres de spiruline. Désormais, les Cipan, cultures pièges à nitrate qu’ils réalisaient par contrainte réglementaire, sont devenues des Cive, stratégiques pour l’exploitation.

Objectif : 6 à 8 t de MS/ha

L’objectif est de produire du tonnage de matière sèche (MS) pour alimenter le digesteur. « Je vise 6 à 8 t de MS/ha et je suis content quand j’atteins 9 t de MS/ha. En dessous, la culture n’est pas rentable », précise le jeune agriculteur de 33 ans. L’ensilage de cultures intermédiaires représente un quart de la ration du méthaniseur, en plus du fumier de bovin, de déchets de céréales (menue paille, issues…). L’exploitant ne produit que des intercultures, pas de culture dédiée au méthaniseur.

Pour atteindre le fameux tonnage, il a essayé des Cive d’été, un mélange de pois-maïs-avoine-orge de printemps. Mais les rendements oscillaient entre 3 et 5 t de MS/ha et ne le satisfaisaient pas. « Je préfère cultiver du maïs ensilage pour le méthaniseur et arriver à trois cultures en deux ans. » Il récolte l’orge d’hiver autour du 15-20 juin, à 17-18 % d’humidité, et sèche les grains au séchoir. Il enchaîne avec les semis de maïs ensilage. La prochaine culture sera un maïs grain pour la vente. « La monoculture de maïs ne pose pas de problème de salissement. J’atteins une moyenne de 115-120 q/ha. Aujourd’hui, j’intercale de l’orge pour allonger la rotation. La couverture du sol me permet d’enrichir davantage la vie microbienne du sol et de capter plus de carbone », indique Baptiste.

Pour arriver à produire de la biomasse, le céréalier mise également sur du méteil d’hiver, un mélange orge-triticale-seigle. Il n’analyse pas le pouvoir méthanogène de chaque culture, mais simplement le tonnage de matière sèche. « Je ne vois pas de différence dans la ration. Toutefois, nous allons ajouter des pois de manière à apporter de l’azote aux cultures. »

Un méteil semé à la fin de septembre

Une des clés de la réussite est de le semer tôt, à la fin de septembre, et dense (50 kg/ha triticale, 50 kg/ha seigle et 30 kg/ha orge). Le céréalier le fertilise avec du digestat liquide (15 m3, soit environ 50 unités), juste avant les pluies d’octobre, et répond ainsi à la directive nitrate en zone vulnérable. « Le méteil fertilisé est robuste au printemps, je note une différence d’au moins 10 cm par rapport au méteil non fertilisé. L’année dernière, j’ai produit 9,5 t de MS/ha dans une belle parcelle et 6,5 t dans une autre.

Toutefois, le méteil pompe beaucoup d’eau, environ 250 mm/ha, et assèche les sols pour les cultures suivantes », constate Baptiste. Sur les terres irrigables (500 ha sur 710 ha), la culture suivante est un maïs. Sur les autres parcelles, il privilégie le sarrasin. « En 2019, avec la sécheresse, le maïs s’est écroulé à 25 q/ha. On profite des pluies de mai pour semer le sarrasin, qui résiste mieux au sec. J’ai aussi testé le sorgho. Le tonnage est équivalent à un maïs ensilage, mais il n’est pas adapté à la ration du méthaniseur, trop fibreux », juge Baptiste.

Seul bémol, les cultures intermédiaires représentent 100 ha de plus à labourer et à semer. Baptiste et son père réfléchissent à simplifier le travail : un passage de déchaumeur sans labour et un semis de méteil à l’épandeur.

Aude Richard

Récupérer la menue paille

Baptiste Lamelot privilégie le maïs car la traditionnelle rotation blé-orge-colza engendre moins de biomasse et des difficultés de désherbage. Il ramasse la menue paille (1 et 1,5 t/ha) pour l’incorporer au digesteur, ce qui limite les repousses, mais les graines de vulpin tombent souvent au sol. « Ce n’est pas la solution miracle. C’est un chantier de plus qui nécessite beaucoup de transport », souligne le céréalier.

Baptiste Lamelot a ensilé début mai le méteil d’hiver. Il sèmera ensuite du maïs grain. © A. Richard-Covid
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !