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« Je module mes semis de maïs fourrage en intraparcellaire »

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Sur des parcelles hétérogènes - « Je module mes semis de maïs fourrage en intraparcellaire »
En 2019, une visite de plateforme organisée sur l’exploitation de Frédéric a permis de présenter la modulation intraparcellaire à des agriculteurs intéressés. © Bayer

Avec des parcelles hétérogènes, Frédéric Le Pottier teste depuis 2017 la modulation intraparcellaire des densités de semis de maïs fourrage.

Installés depuis 2000 à Loudéac (Côtes-d’Armor), Frédéric Le Pottier et son frère et associé Florian gèrent une exploitation de vaches laitières de 148 hectares, comprenant 50 ha de maïs ensilage, 45 ha de céréales à paille et le reste en herbe. La modulation intraparcellaire des densités de semis de maïs (1) est d’abord venue à lui « un peu par hasard, en discutant avec les équipes techniques de Dekalb, marque semencière du groupe Bayer qui m’avaient sollicité pour faire partie d’un réseau d’essais pionnier, raconte Frédéric. Dans mon secteur vallonné, j’ai plusieurs types de sols d’un bout à l’autre de mes champs, donc des potentiels de rendement différents. »

« Étant déjà équipé en GPS et RTK, la modulation intraparcellaire va, pour moi, dans la continuité d’une agriculture de précision », souligne Frédéric. © F. Le Pottier

Gain net satisfaisant

Les premiers essais, en 2017, ont été réalisés en faisant appel à un prestataire qui a établi des cartes de potentiel à l’aide d’analyses de sol et de mesures de conductivité au champ. « Aujourd’hui, nous utilisons d’autres outils complémentaires, tels que les cartes de rendement et les images satellitaires, aux résultats satisfaisants », précise Laurent Coutey, ingénieur technique de Bayer, qui accompagne Frédéric dans cette démarche. Ce sont d’ailleurs ces images qui ont été utilisées pour l’essai de 2020 sur une parcelle en maïs ensilage de 12 hectares.

Les résultats s’avèrent positifs : en prenant en compte le surcoût des semences, l’écart au rendement et le prix moyen du maïs, le gain net pour Frédéric est de 61,6 euros/hectare (moyenne de 53 €/ha en 2020 dans le réseau d’essais de Bayer). Au-delà du rendement, la qualité du fourrage est également prise en compte dans les tests, en fonction du rapport amidon-fibre recherché par l’agriculteur. Ce chiffre est donc positif, mais la plus-value doit être évaluée au regard de l’investissement nécessaire en matériel et de la technique requise. « Pour le moment, je n’ai pas investi dans le semoir électrique, je fais appel à une ETA (2). Ces essais me permettent d’y réfléchir, sachant que son autre intérêt est la coupure de tronçon », indique Frédéric. Pour les années à venir, l’exploitant envisage la modulation intraparcellaire de l’engrais, qui présente, selon lui, des avantages économiques mais aussi environnementaux. « La bonne dose au bon endroit », conclut-il.

Charlotte Salmon

(1) La modulation intraparcellaire des densités de semis consiste, avec un semoir électrique, à faire varier la densité sur la ligne de semis en fonction des différences de potentiel au sein d’une parcelle.

(2) Entreprise de travaux agricoles.

Choisir la bonne densité selon la variété de maïs

En l’absence de semoir électrique en propre ou par le biais d’un prestataire, le choix d’une densité de semis adaptée à la parcelle et à la variété constitue déjà un levier d’action important.

En effet, selon les essais de Bayer, différentes courbes de réponse à la densité sont possibles selon la variété choisie : celles dites « flexibles », dont le rendement ne variera pas ou peu selon la densité, des variétés « à positionner », qui acceptent peu les écarts à la densité optimale et, enfin, celles qui répondent à la densité, c’est-à-dire dont le rendement augmente avec des densités plus élevées.

À savoir

Dans le réseau d’essais de Bayer, la modulation intraparcellaire des densités de semis en maïs grain est aussi testée : le gain net moyen sur les 92 essais conduits entre 2017 et 2019 est de 79 €/ha.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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