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« Je cultive du sorgho depuis vingt ans dans la Région Centre »

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Autonomie alimentaire en élevage bovin - « Je cultive du sorgho depuis vingt ans dans la Région Centre »
Pour Thierry Frémont, 2021 n’aura pas été « une année à sorgho », en raison du manque d’ensoleillement et de chaleur durant l’été. © J. Papin/GFA

Thierry Frémont a appris à maîtriser cette culture à tâtons. Elle tient aujourd’hui une place importante dans la ration de ses bovins.

«On compare souvent le sorgho au maïs, mais c’est une plante complètement à part. » Thierry Frémont, agriculteur et éleveur à Bridoré, au sud de l’Indre-et-Loire, connaît bien son sujet. Cette culture, qu’il a découverte grâce à de la famille dans le Sud-Ouest, fait partie de son système depuis 2003.

Plante appétente

Il commence par cultiver du sorgho grain, qui remplace le tournesol dont les attaques fréquentes de pigeons et corbeaux rendent la culture difficile. Puis, à partir de 2011, il délaisse les broutards pour l’engraissement de génisses limousines, et cultive du sorgho sucrier BMR (1) monocoupe qu’il ensile, pour assurer l’autonomie alimentaire du troupeau. « Il se conserve très bien en silo et est très appétent pour les bovins », explique l’agriculteur.

Le sorgho occupe désormais une quinzaine d’hectares sur les 150 que compte son exploitation. Ne lui parlez pas du maïs : « Il ne pousse pas bien sur mes terres séchantes, ou je n’ai pas la main, plaisante-il. Je préfère le sorgho, qui a une capacité de résistance à la sécheresse nettement supérieure. En situation de déficit hydrique, il s’arrête de pousser et redémarre dès qu’il a un peu d’eau. J’ai déjà vu du sorgho devenir marron à cause du sec - que je croyais perdu - et qui, après une petite pluie, a refait des feuilles. »

Bonne structure de sol

« Le sorgho doit être conduit comme une vraie culture et pas comme une solution de remplacement », prévient Thierry Frémont. Avant le semis, il apporte 25 tonnes de fumier à la parcelle. « Il ne faut pas semer trop tôt : le sol doit être bien réchauffé, à 12°C. Dans l’idéal, il faut 7 ou 8 mm d’eau dans la semaine qui suit. » Il prépare le terrain avec un déchaumeur à dents de type « Michel », et apporte aussi un peu d’azote minéral au semis. « C’est une petite graine qui a besoin d’un lit de semence correct. Son enracinement est long, il est fragile au départ. Il faut surtout éviter les semelles de labour et le tassement », conseille l’exploitant.

Depuis cinq ans, il utilise la même variété, Big Kahuna. « Chez moi, c’est celle qui a le meilleur potentiel de production et qui a une bonne valeur alimentaire », affirme-t-il. Selon lui, la culture du sorgho est encore trop méconnue. « Peu de techniciens se penchent sur le sujet. Il faudrait mettre en place des essais pour tester les dernières variétés, qui sont sans doute plus intéressantes. »

Un désherbage délicat

Le rendement du sorgho sucrier BMR peut être assez variable. « J’ai déjà récolté 20 t comme 100 t de matière brute par hectare. Le désherbage, raté ou réussi, a fait la différence », affirme-t-il. C’est le « point délicat » de l’itinéraire technique de la culture, sachant que le désherbage mécanique n’est pas envisageable sur ses terres caillouteuses. « On manque de solutions en prélevée qui ne soient pas trop agressives pour le jeune sorgho, sensible aux dé­sherbants, juge-t-il. Les interventions possibles à partir de 3 feuilles arrivent souvent trop tard par rapport au stade des adventices. »

J. Papin

(1) Brown mid rib, c’est-à-dire qui a une nervure centrale­ marron.

Du grain à moudre

Thierry Frémont a développé la vente directe sur son exploitation en 2001 avec, à l’époque, la viande de bœuf en caissettes. Puis, elle prend peu à peu de l’ampleur. Grâce à un petit moulin, une partie du blé est également transformée à la ferme en farine (environ 12 t par an). Comme pour le sorgho, il a fallu tâtonner jusqu’à obtenir la qualité souhaitée. L’épouse de Thierry, Nathalie, prépare quiches, brioches ou encore gâteaux secs, qui sont proposés dans divers espaces de vente dans le secteur. « Aujourd’hui, on s’aperçoit que lorsqu’on s’occupe de la commercialisation, la marge est là », confie l’agriculteur.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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