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« Je concilie bio et sans-labour »

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Travail du sol. Sur l’outil à patte d’oie, le rouleau a été remplacé par une herse à grande dent pour supprimer les adventices. ©

Dans le Cher, François Dubois cultive ses céréales bio sans labourer la terre et expérimente le semis direct.

Sans labour depuis plus de quinze ans, François Dubois a continué à ne pas retourner ses terres quand il est passé en culture biologique en 2010. « C’est avant tout à cause de la nature de mon sol, très caillouteux, que j’ai arrêté la charrue. Je ne souhaitais pas revenir en arrière, pour préserver la matière organique acquise et la vie microbienne de mon sol », explique le céréalier éleveur-engraisseur de charolais, à Blet, dans le sud du Cher. Mais, est-ce possible de ne pas retourner la terre, de se passer de produits chimiques et d’obtenir un désherbage correct ? « En 2017, j’ai une moyenne de 31 q/ha en blé et de 32 q/ha en féverole. Même s’il reste des problèmes de désherbage, en particulier les vivaces, les rendements sont corrects », juge François Dubois. Après la moisson, le céréalier déchaume avec un outil à disques, puis effectue plusieurs passages avec un outil à patte d’oie, trois à quatre fois en général, dès la levée des vivaces et des chardons. Il travaille le sol à une profondeur de 10 cm. « Des hivers pluvieux, comme cette année, c’est compliqué, car les levées sont échelonnées et il y a très peu de fenêtres d’intervention », relativise l’agriculteur. Le reste du cycle, il lutte contre les adventices avec un faux semis, puis des passages de herse étrille.

Couvrir le sol

La lutte contre les adventices passe aussi par la couverture des sols. Lors des intercultures longues, François a opté pour un mélange de trois céréales (triticale, blé, avoine) et trois protéagineux (pois protéagineux, pois fourragers et féverole). Il les récolte en céréales immatures début mai, en ensilage ou en enrubannage, avant de semer du sorgho. Il utilise aussi un mélange de trèfle squarrosum, phacélie et avoine brésilienne, en fonction des rotations. Le céréalier choisit des variétés gélives ou passe un rouleau destructeur.

Les intercultures courtes sont plus difficiles à mettre en œuvre. « À cause de la sécheresse, nous ne pouvons pas semer directement après la moisson. Les semis se font à partir de mi-août et l’enjeu est de produire un couvert végétal important en deux mois, pour éviter les adventices. Peu de cultures en sont capables. En plus, cela tombe pendant les vêlages, la charge de travail est déjà très importante. » François fait donc peu d’interculture. Si une parcelle est trop sale, il implante de la luzerne pour trois ans. Une bonne façon de tout éradiquer.

Depuis trois ans, l’agriculteur sème en direct les féveroles, pour « encore moins bouleverser le sol ». Après la récolte de sorgho, il emprunte un semoir à son voisin, un Aitchison à dents, et passe directement dans les débris végétaux. « En novembre, la terre est suffisamment humide pour la levée. Mais il faut faire attention à implanter les féveroles assez profondément (7-8 cm), pour passer la herse étrille rapidement, sans les abîmer », précise-t-il. À terme, François testera, peut-être, le semis direct sur d’autres cultures.

Aude Richard

Itinéraire. François Dubois a semé en direct des féveroles. Cette culture se sème à près de 8 cm de profondeur et permet de passer la herse étrille pour désherber. Photos : A. Richard
Assolement

Blé : 41 ha

Féverole : 11 ha

Sorgho : 10 ha

Luzerne : 10 ha

Triticale : 11 ha

Orge /petit pois : 11 ha

Lentille : 4 ha

Céréales immatures : 6 ha

Fini le soja !

François Dubois a fait une croix sur le soja. Bien que la culture soit intéressante d’un point de vue agronomique, sans irrigation, les rendements dans le Cher sont décevants. « Les étés sont très chauds et les rendements sont hétérogènes. Sur cinq ans, la moyenne est de 12 q/ha, avec des années à 5 q/ha et une bonne année à 20 q/ha. Cela couvre à peine l’achat des semences », estime l’agriculteur.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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