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« J’améliore mes marges avec la culture de chia »

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Un débouché d’avenir - « J’améliore mes marges avec la culture de chia »
« Le désherbage au démarrage de la culture est l’étape la plus délicate », affirment Jean-François (à droite) et Stéphane Monod. © F. Ehrhard

Depuis trois ans, Jean-François Monod produit des graines de chia pour l’alimentation humaine.

Déjà très diversifié avec des céréales, des légumineuses et des semences, Jean-François Monod s’est lancé dans la culture de chia par goût du challenge. « Mon frère Stéphane a ramené des graines d’Amérique du Sud. Nous avons testé une palette de variétés avant d’en trouver une qui fleurit sous notre latitude. Après l’avoir acclimatée et sélectionnée, nous l’avons inscrite à l’Office communautaire des variétés végétales sous le nom de Monca », raconte ce jeune agriculteur installé sur 125 ha à Villeneuve-la-Comptal, dans l’Aude.

Rendements variables

Il la sème fin avril ou début mai sur un sol bien affiné, à la dose de 2 kg/ha. La graine de cette plante de la famille de la sauge est encore plus petite que celle du colza. « J’utilise un semoir monograine avec un disque percé de trous de 0,8 mm de diamètre et j’espace les lignes de 55 cm », précise Jean-François.

Le désherbage, en l’absence de produits homologués, se fait mécaniquement : « C’est l’étape la plus délicate. Je passe la herse étrille avant de semer, puis j’y reviens après en croisant les passages. Les jeunes plantes poussent lentement au démarrage. Il faut être très vigilant pour éviter que les adventices ne s’installent. »

L’agriculteur poursuit avec deux à trois binages jusqu’à la limite de passage tracteur. « Irriguée, la chia monte jusqu’à 1,40 m », explique-t-il. En même temps, il apporte 100 U/ha d’azote en deux fois. Pour l’irrigation, quatre tours d’eau de 30 mm suffisent : « Ce sont les seuls intrants à prévoir, car il n’y a pas de maladies ou de bioagresseurs. »

Avec un cycle de 120 jours, la récolte intervient fin août. Les plantes doivent être andainées et séchées trois ou quatre jours avant d’être battues. « Je règle la hauteur de coupe à un mètre, afin d’éviter­ de récupérer des graines d’adventices de couleur sombre, qui ne pourraient pas être éliminées par un trieur­ optique. Certains clients demandent une pureté des lots de 99,8 % », souligne Jean-François.

En trois ans, les rendements ont varié de 5 à 12 q/ha. « Pour l’instant, la moyenne se situe à 8,5 q/ha, mais en maîtrisant mieux l’itinéraire nous devrions arriver à 10 q/ha », poursuit-il. À ce niveau, et avec 300 € de charges, la marge brute atteint 1 000 €/ha : « C’est le double de celle du tournesol ! » Dans son assolement, la chia a ainsi remplacé celui-ci entre deux pailles. « Elle étouffe bien les adventices, restitue de la matière organique au sol et améliore la marge sans nécessiter beaucoup de frais et de travail », apprécie l’agriculteur.

F. Ehrhard

Une filière en développement

Jean-François et Stéphane Monod ont créé la start-up Grain pour développer la production et la commercialisation des graines de chia. « Les débouchés ne manquent pas. La consommation progresse et les acheteurs sont preneurs de graines françaises », note Stéphane. Autour d’eux, des producteurs à la recherche de diversification ont planté 230 ha de leur variété en 2021. « Nous avons lancé des essais dans d’autres régions, et nous testons aussi d’autres graines. » Le transport en bennes ventilées, le tri et le stockage sont réalisés en prestation par la coopérative Arterris. En conventionnel, le prix payé aux producteurs est de 1,30 €/kg jusqu’à 10 q/ha et de 1,45 €/kg au-delà. En bio, les tarifs passent à 1,45 et 1,60 €/kg. « Nous fournissons la semence et quel que soit le rendement, nous garantissons un produit brut minimum de 800 €/ha ».

En chiffres

SAU : 125 ha.

Assolement 2020-2021 :

• oignon semence 10 ha

• maïs semence 20 ha

• chicorée semence 5 ha

• soja semence 5 ha

• sorgho semence 2 ha

• haricots IGP 5 ha

• chia 15 ha

• blé dur 53 ha

• jachère 10 ha.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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