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« J’ai réduit les doses sans perdre en efficacité »

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Pour traiter à 55 l/ha sans avoir de problème de bouchage, Matthieu a mis des buses vertes à 80°. © F. Ehrhard

Matthieu Vidotto traite à 55 l/ha et soigne la qualité d’application.

«En plusieurs étapes, j’ai réduit le volume de bouillie de 100 à 55 l/ha. Cela m’a permis de gagner en autonomie et en temps. Je peux ainsi intervenir plus facilement au meilleur moment », explique Matthieu Vidotto, un jeune céréalier installé depuis 2013 en Gaec à Labatut, dans l’Ariège. Dans le même temps, l’agriculteur a ajusté les doses, avec l’accompagnement du technicien de sa coopérative, la Capa, et du groupe Dephy, animé par la chambre d’agriculture. « Pour les fongicides, j’applique des microdoses en prévention, modulées en fonction de la pression des maladies et de la météo annoncée, précise-t-il. Ainsi, j’ai réduit les quantités épandues de 50 %. »

La diminution est d’environ 20 % pour les insecticides, grâce notamment à des cultures associées dans le colza, et de 30 % pour les herbicides, avec des choix raisonnés à la parcelle en fonction des adventices et de leur stade. « J’essaye d’intervenir tôt, poursuit Matthieu. Mais si celles-ci sont déjà développées, je n’hésite pas à mettre une pleine dose. » Il utilise aussi des leviers agronomiques : « Dans les parcelles où j’ai beaucoup de ray-grass, je maintiens des labours. Je profite de la rotation pour mieux les désherber. »

Gain d’autonomie

Et son père d’ajouter : « Réduire les doses, c’est une prise de risque. J’étais un peu inquiet, mais j’ai laissé Matthieu faire ses expériences. » Afin de limiter les risques, le jeune céréalier a amélioré la qualité de l’application : « Je traite de préférence de nuit, quand l’hygrométrie est supérieure à 60 % et qu’il y a peu de vent. J’ajoute des adjuvants à la bouillie pour que les gouttelettes s’étalent bien et accrochent sur les plantes. »

Aujourd’hui, les agriculteurs constatent que l’efficacité reste bonne avec un tiers de produits épandus en moins. « C’est positif pour la préservation de l’environnement comme pour le porte-monnaie, souligne Matthieu. En moyenne, nous économisons 8 000 euros par an. »

Grâce à ces économies, le Gaec a investi en 2019 dans un pulvérisateur Amazone d’occasion équipé d’une circulation continue et de coupures de tronçons GPS. « J’évite ainsi les recouvrements et j’espère réduire encore de 5 % les quantités épandues », confie le céréalier. Ce pulvérisateur est équipé d’une cuve de 1 200 l à l’arrière et d’une de 1 000 l à l’avant. « Avec 55 l/ha de bouillie, j’ai une autonomie de 40 ha, précise-t-il. Avec notre foncier dispersé, c’est un atout. J’arrive à traiter tous les blés en deux soirées. En intervenant à temps, je gagne en efficacité. »

Frédérique Ehrhard

En chiffres

• Surface : 220 ha.

Assolement 2019-2020 

blé tendre : 55 ha, colza 25 :  ha, orge : 6 ha, avoine : 6 ha, tournesol : 10 ha, maïs semence : 55 ha,
soja : 5 ha, haricots : 2 ha, lentilles : 2 ha,
prairies : 54 ha.

• Rendements moyens blé tendre : 70 à 85 q/ha, colza : 35 à 40 q/ha, soja 35 à 40 q/ha.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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