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Herbicides céréales : plutôt traiter le matin

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Une forte hygrométrie et des conditions poussantes favorisent l’efficacité des herbicides foliaires.

Plus l’hygrométrie est forte (supérieure à 60-70 %), moins le risque de volatilisation des gouttelettes d’herbicides (foliaire, de contact ou systémique) est grand, et meilleur est leur étalement sur les feuilles des plantes. Celui-ci sera aussi facilité par la présence de rosée… dans la mesure où les gouttelettes d’herbicide ne sont pas celles « de trop » qui, à leur arrivée sur la feuille de la plante, entraînent la chute au sol de l’ensemble. En cas de rosée forte, mieux vaut attendre quelques heures qu’elle s’évapore pour s’assurer que l’herbicide restera bien sur les feuilles des adventices.

Ni trop chaud, ni trop froid

Avec un vent plus faible, donc moins de dérive, et une plus forte hygrométrie, le matin est le meilleur moment pour traiter. Ceci est d’autant plus vrai en sortie d’hiver/début de printemps, quand les températures plus douces et l’air plus sec de la journée accélèrent la volatilisation du produit appliqué. Dans le cas des racinaires et foliaires à action systémique (sulfonylurées), mieux vaut éviter de positionner un traitement avant une période de froid important, au risque d’avoir des céréales présentant des symptômes de phytotoxicité. Celle-ci est liée à la moindre capacité des plantes à détoxifier les produits absorbés quand elles subissent un stress thermique.

Volume de bouillie sans influence

Côté préparation de l’application, le volume de bouillie n’a pas d’influence sur l’efficacité des herbicides d’automne, qu’ils soient foliaires ou racinaires. Les appliquer en bas volume ne pose donc pas de problème.

En sortie d’hiver, le volume de la bouillie sera à déterminer en fonction de la cible, notamment pour les produits foliaires de contact. Pour ces derniers, la qualité de la pulvérisation influence fortement leur efficacité. Les adventices à architecture étalée (dicotylédones ou graminée ayant tallé) intercepteront effectivement davantage d’herbicide que des jeunes graminées peu mouillables. Ainsi, avec un antigraminée de contact, augmenter le volume d’eau permet une meilleure atteinte de la cible. De plus, avec ceux-ci, « l’efficacité est augmentée par l’utilisation d’adjuvants mouillants », précise Ludovic Bonin, de chez Arvalis-Institut du végétal. Les huiles sont cependant à éviter (voir ci-contre).

Ana Cassigneul
Phytotoxicité

Les pertes de sélectivité peuvent être observées avec des herbicides : racinaires , si des grosses pluies (>20 mm) entraînent le produit à la profondeur des racines de la culture, ou si une chute des températures suit l’application ; systémiques (tous types), si les différences de températures sont fortes (> 15 °C) entre le jour et la nuit ; foliaires de contact, si un adjuvant huileux est ajouté à la bouillie.

« Des pertes de pieds peuvent avoir lieu si des grains exposés à la surface interceptent des substances actives anti-germinatives, comme la pendiméthaline », indique Lise Gautellier-Vizioz, de chez Arvalis.

Un sol frais pour les racinaires

L’efficacité des produits racinaires est majoritairement déterminée par l’état du sol, et ce à plus forte raison pour les racinaires de contact. Le produit diffusera d’autant mieux jusqu’aux racines si le sol est suffisamment humide, et s’il a pu être travaillé de manière homogène. À l’inverse, les fortes teneurs en argile ou en matière organique limiteront sa disponibilité dans la solution du sol, donc son efficacité. Celle-ci est aussi limitée par la présence de mottes formées lors de la préparation du sol en conditions sèches : avant que le sol ne soit réhumidifié par des pluies, la répartition du produit dans le sol est altérée.

Dans le cas d’implantations par semis direct, l’efficacité des produits racinaires peut être limitée par la présence de résidus de culture à la surface du sol : ceux-ci retiennent une partie des produits qui n’arrivent pas au niveau du sol et ne sont donc pas disponibles.

Homogénéité. Une bonne préparation est la clé pour une répartition homogène de l’herbicide dans le sol. © C. WATIER
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Cet article est paru dans La France Agricole

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