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Gérer le développement du colza par le pâturage

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Expérimentation - Gérer le développement du colza par le pâturage
Les moutons ont séjourné sur la parcelle gérée au fil durant les mois de novembre et décembre 2020. Après le pâturage, les colzas ont perdu en moyenne 50 % de leur biomasse. © Laurent Jung

Les colzas pâturés en hiver offrent, en fin de cycle, des résultats satisfaisants et semblables au témoin, si les animaux sont gérés correctement.

Du colza oléagineux pâturé par des moutons en hiver : c’est l’expérience menée par deux agriculteurs dans les Vosges (une dizaine d’hectares pour 160 agneaux à engraisser) entre les mois de novembre et décembre 2020. Pour l’éleveur, l’objectif était de réduire ses coûts de production, le colza étant une plante intéressante pour sa richesse en azote. « Dans une démarche de plein air intégral, il recherchait aussi des zones de pâturage durant la période hivernale », complète Aurore Baillet, de Terres Inovia, qui a suivi cette conduite encore peu documentée sur la partie végétale. L’autre agriculteur souhaitait voir si le pâturage pouvait « calmer » les colzas bien développés et éviter les risques liés au gel : « Ce n’est pas une régulation au sens où on l’entend avec une application chimique, car il ne s’agit pas d’avoir un effet précoce sur l’élongation », précise l’ingénieure.

Écart de précocité

Les relevés réalisés après pâturage ont montré une perte de 50 % de biomasse, néanmoins compensée au printemps par la culture. « En fin de cycle, aucune différence significative avec la zone non pâturée n’a été observée en biomasse et nombre de siliques. Seul un écart de précocité d’une semaine environ a été constaté. L’agriculteur n’a pas vu de différence de rendement entre les zones, mais estime avoir perdu un à deux hectares, du fait des zones de couchage des animaux présents jours et nuits, relate l’ingénieure. Comme il n’y a pas eu de dégâts de gel cette année sur la parcelle, l’exploitant n’a pas pu vérifier son hypothèse de départ. »

Après le pâturage, les colzas ont perdu en moyenne 50 % de leur biomasse. © Laurent Jung

L’effet désherbage dû à la consommation et au piétinement des animaux est, selon Aurore Baillet, possible mais certainement insuffisant à lui seul. Concernant­ l’azote, les différences d’apports, estimés a posteriori avec la réglette colza, sont peu significatives.

Attention au surpâturage

Ces premières observations soulèvent quelques points d’attention : il faut tout d’abord veiller à ne pas mettre les animaux trop tôt au pâturage, pour ne pas compromettre l’installation du colza. Par ailleurs, la culture doit être bien développée et enracinée (2,5 kg/m2 de biomasse pour une densité de 30 pieds/m2 sur la parcelle suivie). Le risque de surpâturage est aussi à surveiller : s’ils ne sont pas régulièrement déplacés, les agneaux peuvent aller jusqu’à consommer l’apex. La conduite au fil s’avère donc obligatoire et requiert une grande disponibilité.

« D’une manière générale, l’échange et la confiance entre les deux parties sont indispensables pour réussir cette pratique, souligne Aurore Baillet. Le suivi d’expérimentations similaires dans d’autres contextes pédoclimatiques permettrait de produire davantage de références, pour des situations de culture plus ou moins favorables. Il dresserait aussi les points de vigilance pour éviter de se tromper, d’un point de vue technique et humain. »

Charlotte Salmon

Un effet sur les larves d’altises ?

« Sur les plantes pâturées, nous avons noté une réduction de 50 % en moyenne du nombre de larves d’altises, ce qui suggère un effet positif du pâturage », indique Aurore Baillet. Cette observation est néanmoins insuffisante pour conclure sur les risques de dégâts. En effet, si le pâturage peut jouer sur le nombre de larves, il entraîne aussi un retard de développement de la culture au printemps (situation favorable aux attaques d’altises). « Pour vérifier cette hypothèse, des études dans d’autres contextes pédoclimatiques seraient nécessaires. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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