Le rumex est une adventice pluriannuelle nitrophile souvent rencontrée dans les prairies, mais qui exerce aussi une forte nuisibilité sur les différentes cultures de la rotation en zone d’élevage. Contrairement aux autres vivaces, les rumex ont une capacité de grenaison énorme (lire encadré ci-dessous). La période de germination est très échelonnée sur l’année. Ainsi de jeunes rumex de semis peuvent émerger à l’automne et affecter les levées des céréales d’hiver. Les pousses végétatives issues de souches émergent pour leur part au printemps.

Une lutte constante

Les solutions agronomiques sont assez limitées. Par exemple, jouer sur la date de semis des céréales d’hiver ou toute autre culture n’a pas ou peu d’impact sur les infestations de rumex. La rotation a seulement des effets indirects sur ces derniers. « En mode conventionnel, peu de cultures majeures sont capables d’esquiver ou de concurrencer efficacement ces adventices, explique Arvalis. Les plus efficaces, recommandées en agriculture biologique, sont le ray-grass d’Italie, le seigle, l’avoine et la luzerne. » Le labour empêche l’installation et le développement des vieux rumex dont la racine en pivot est bien développée. Mais il enterre des graines, favorisant ainsi leur survie ! Un travail du sol simplifié accentue le risque de multiplication des rumex.

Selon Arvalis, les déchaumages durant l’interculture, en période sèche, sont les plus efficaces. Attention toutefois à la segmentation des racines par les couteaux et les disques : cela favoriserait la multiplication de ces pluriannuelles. Mieux vaut remonter les pivots en surface avec des passages répétés d’outils à dents incurvées vers l’avant. « La réalisation de faux semis par passages superficiels répétés permet de faire germer une partie des graines précédentes dans l’horizon superficiel dès l’automne », développe l’institut technique. Les jeunes pousses peuvent ensuite être détruites mécaniquement ou chimiquement.

En céréales à paille, les rumex de souche peuvent être désherbés assez facilement. La période la plus sensible correspond au stade dit « cigare », au moment où la dernière feuille est enroulée autour de la hampe florale, fin avril-début mai en fonction des années. Les produits à base de fluroxypyr, metsulfuron, amidosulfuron ou tribénuron sont efficaces. En parcelle de maïs, le dicamba, le fluroxypyr et le prosulfuron feront l’affaire. Il n’y a pas de solution en colza et en protéagineux. Enfin, en interculture, la lutte contre les rumex de souche apporte de bons résultats, avec du glyphosate et du 2-4 D (sauf devant les crucifères et légumineuses à petites graines). Elle complète une application d’herbicides en culture.

Isabelle Escoffier