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« En bio, les minimottespermettent le retourà la betterave »

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Les minimottes sont des jeunes plants déjà développés au stade 3-4 feuilles. © DR

Le Gaec de la Ville Connue a réintroduit la betterave fourragère sur son exploitation laitière bio grâce à la technique de la minimotte.

Cette année, Vincent Mellet installé en Gaec avec son épouse Marie-Hélène, a planté 2,5 ha de betteraves fourragères sur son exploitation conduite en agriculture biologique depuis 1998 à Piré-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine). Il a mis en terre des minimottes c’est-à-dire des jeunes plants déjà développés au stade 3-4 feuilles. « L’intérêt de cette technique est que la plante est déjà formée, elle ne se laisse pas dépasser par les mauvaises herbes. Il est aussi plus facile d’intervenir avec des outils mécaniques », explique Vincent. Cela fait trois ans qu’il a progressivement réintroduit cette culture (1 ha en 2017, 2 ha en 2018, puis 2,5 ha).

Il y a une vingtaine d’années, l’agriculteur produisait des betteraves mais il avait abandonné car le désherbage était trop laborieux. « À l’époque, nous faisions du semis et nous étions vite rattrapés par les adventices. Souvent, il fallait finir à la main. C’était trop contraignant », se souvient Vincent. Et pourtant, ce dernier est persuadé de son intérêt dans la ration de ses vaches. « C’est la plante idéale en complément du foin pour les laitières », assure le producteur de lait à la tête d’un atelier de 95 bêtes.

C’est à la suite d’une visite avec son groupe lait bio de la FDCeta 35 chez un producteur qui utilisait des betteraves plantées, qu’il s’est résolu à s’y intéresser de nouveau. Accompagnés par Agrobio 35, avec une quinzaine de producteurs du département, ils ont acheté une planteuse d’occasion par l’intermédiaire de la Cuma Bio 35.

Cette année, l’implantation a eu lieu le 7 mai à raison de 50 000 pieds/ha avec un interrangs de 50 cm. Les plants sont achetés auprès de l’entreprise Thomas plants à Ploubazlanec (Côtes-d’Armor). « La préparation du sol est primordiale », estime le producteur. La plantation se fait après une prairie pour limiter le salissement. « J’ai fait un passage de déchaumeur à dents, de fissurateur et de herse rotative, pour éviter de trouver des touffes d’herbe, puis le labour et deux passages de herse rotative. Il faut une terre fine et bien rappuyée pour une bonne implantation de la minimotte de façon à éviter son arrachage lors du premier désherbage mécanique. »

Désherbage facilité

L’intérêt de la minimotte est de pouvoir intervenir tôt sur les adventices. Un premier passage de herse étrille a eu lieu huit jours après l’implantation, puis un autre avec la houe rotative à J + 18. « Nous avons réalisé un binage (J + 30) avec une bineuse équipée d’une caméra qui facilite le travail. » Tous les travaux de désherbage sont accomplis avec les matériels de la Cuma de Piré-sur-Seiche, qui compte dix agriculteurs bio sur les cinquante adhérents. La récolte est réalisée par une ETA fin octobre juste avant l’implantation du blé.

L’éleveur est satisfait avec un rendement de l’ordre de 95 t brut/ha et un taux de MS de 15 à 18 %. Une bonne production qui vient compenser le coût onéreux de la minimotte. Ce dernier étant le point noir de cette technique avec un prix de 1 500 €/ha pour les plants.

Isabelle Lejas

Pour Vincent Mellet, l’intérêt de la minimotte est de pouvoir intervenir tôt sur les adventices avec des outils de désherbage mécanique (ici, les plants début juin). © Photos : I. Lejas
Une planteuseachetée en Cuma

Cette année, la Cuma bio 35 a investi dans une nouvelle planteuse à godet six rangs de marque Ferrari, plus performante.

Il faut compter quatre à cinq heures/ha, six personnes sur la machine et une sur le tracteur. Elle était tractée par un matériel d’un des producteurs équipé d’un système d’autoguidage RTK pour être sûr de planter droit et faciliter le binage par la suite. La machine a été utilisée par dix-neuf planteurs pour un total de 1,6 million de plants.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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