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En bio, des couverts de légumineuses sous tournesol à l’essai

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Terres Inovia - En bio, des couverts de légumineuses sous tournesol à l’essai
Parmi les trois couverts testés, la luzerne a le mieux résisté au déficit hydrique. © J. Papin

Terres Inovia a mesuré l’impact de cette association sur la culture suivante. Si l’objectif est intéressant, les résultats ne sont pas à la hauteur.

Sur le papier, la technique est pleine de promesses : implanter un couvert de légumineuses sous le tournesol, avant une céréale à paille, pour lui apporter de l’azote et améliorer la teneur en protéines des grains, qui fait parfois défaut en agriculture biologique. Terres Inovia a tenté l’expérience dans le Sud-Ouest pendant trois ans, de 2015 à 2017, et mis en évidence plusieurs freins.

Plusieurs freins

« Pour un tournesol récolté en septembre, voire en octobre, obtenir un couvert efficace avant un blé tendre est difficile : la durée d’installation est trop courte, et le risque de mauvaise implantation élevé, résume Cécile Le Gall, ingénieure à Terres Inovia. Un couvert qui grandit pendant la culture du tournesol permettrait donc une meilleure restitution. »

Dans le cadre des essais, trois couverts ont été testés : de la vesce pourpre, de la luzerne et un mélange d’espèces (gesse, fenugrec, lentille et vesce). « Chacun a sa propre dynamique de croissance, et donc des teneurs en azote différentes, précise Cécile Le Gall. L’effet bénéfique escompté ne sera pas le même suivant la légumineuse visée. »

Gestion difficile des adventices

La technique se heurte à un premier écueil : le contrôle des adventices. Les couverts, semés en même temps que le tournesol (voir l’encadré), constituent le seul facteur de contrôle. « Plus la biomasse du couvert est importante, plus celle des adventices est réduite, note Cécile Le Gall. Malgré tout, cet effet concurrentiel reste insuffisant, comparé à un binage. »

Les essais ont de plus mon­tré que la biomasse des couverts, ajoutée à celle des adventices, est importante et pénalise le tournesol. Selon les années, le rendement de la culture est impacté, de l’ordre de - 25 à - 50 %. « Une concurrence forte pour l’eau a été constatée, en particulier en 2017, qui a été une année très sèche, et le rendement du tournesol a été diminué de moitié avec présence de couverts », indique Cécile Le Gall. À noter que le couvert de luzerne a mieux toléré le sec que les autres, et qu’il est, en tendance, le plus bénéfique en termes de rendement du tournesol.

Gain insuffisant d’azote pour le blé

En moyenne, les couverts de légumineuses ont permis un apport d’azote de 20 à 40 kg de N/ha au blé tendre qui a suivi. « C’est une restitution relativement modeste », juge l’ingénieure. Seules les parties aériennes ont été mesurées. Aucun effet n’a été observé sur la teneur en protéines des grains de blé tendre. « La rentabilité économique reste à l’avantage de la conduite du tournesol sans couverts, conclut Cécile Le Gall. Il serait intéressant de réitérer l’expérience avec un couvert permanent plutôt qu’annuel, ou dans une région où les déficits hydriques sont moins prononcés en été. »

Justine Papin

Deux possibilités d’implantation

« La réussite du couvert dépend de son implantation : il faut une levée et une croissance de biomasse rapide », affirme Cécile Le Gall. Terres Inovia a imaginé deux modalités : soit un semis en même temps que le tournesol, « et dans ce cas, il n’y a pas de binage possible, et la gestion des adventices se fait via le couvert », ou un semis à la volée au dernier binage, qui permet de réaliser les opérations de désherbage mécanique. « Le couvert est alors semé plus tard, et la levée est plus aléatoire, notamment dans le Sud-Ouest, car les pluies commencent à se raréfier. » Terres Inovia a d’abord testé le semis après le dernier binage, mais le développement des couverts s’est révélé décevant. Le semis en même temps que le tournesol a finalement été retenu.

À savoir

Le tournesol bio a le vent en poupe (28 150 ha en 2019), notamment dans le Sud-Ouest et les régions Centre et Pays de la Loire, les deux principaux bassins de production en France.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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