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Du semis direct sous couvert végétal en conditions méridionales

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Essais - Du semis direct sous couvert végétal en conditions méridionales
Le sainfoin, ici avec du blé dur, est avec la luzerne l’un des couverts semi-permanents qui s’adapte le mieux au climat méditerranéen. © I. Escoffier

Les essais d’Arvalis démarrés en 2013 en zone méditerranéenne visent à sécuriser les itinéraires techniques des agriculteurs qui veulent se lancer.

«Le climat méridional est de plus en plus chaotique, relève Stéphane Jézéquel, ingénieur chez Arvalis. Les épisodes de sécheresse intense alternent avec des régimes de pluie excessifs en particulier au moment des semis de blé dur et de maïs, les deux principales espèces cultivées ici. Un sol couvert en permanence via l’introduction de légumineuses dans les rotations céréalières aide à mieux maîtriser ces aléas. Par exemple, s’il y a de fortes précipitations à l’automne, l’eau ne stagne pas sur la parcelle. Elle est absorbée par le couvert et il n’y pas d’érosion. » Mais en Provence, où le régime de pluviométrie est aléatoire, difficile d’installer ces couverts.

Couverture pérenne

Arvalis a donc lancé un programme expérimental en 2013 pour tester les combinaisons cultures/couverts végétaux les plus performantes. Il est conduit sur l’exploitation de Daniel Brémond, à Oraison (Alpes-de-Haute-Provence). « Nous avons créé 30 bandes de 900 m², deux tiers en sec et un tiers en irrigué, où nous testons différentes espèces de couverts, de dates de semis, de densité de plantation et de rotation », dépeint Stéphane Jézéquel. Premier enseignement, les couverts annuels ne sont pas adaptés à la région.

« On s’épuise rapidement à les faire lever, expose-t-il. Nous recommandons donc de travailler avec des couverts pérennes qui ne nécessitent pas d’être resemés chaque année. » Le sainfoin est l’espèce qui ressort le mieux du programme expérimental. Résistante à la sécheresse, elle reste en place deux ans sur les parcelles. La luzerne donne également de bons résultats. « En 2017, où l’été a été particulièrement sec, elle n’a pas eu de problème pour redémarrer à l’automne », relate l’ingénieur.

Pas de créneau idéal

Ces légumineuses associées à des plantes d’installation s’implantent avant les semis de la culture principale ou pendant­ leur végétation. « Il n’y a toutefois pas de créneau idéal, souligne Stéphane Jézéquel. Ce sont les conditions de l’année qui dictent la période. » « Le semoir et les semences doivent être prêts en permanence », précise Daniel Brémond.

Il a, par exemple, testé de la légumineuse avec du colza semé au mois d’août. « Ce n’est pas concluant, indique Stéphane Jézéquel. Nos étés sont beaucoup trop secs pour réussir régulièrement une levée à cette époque de l’année. » D’autres créneaux plus fructueux ont émergé. Par exemple, semer au mois de septembre un couvert associant un mélange de fénugrec à du trèfle, de la luzerne et du sainfoin. « Le fénugrec occupe rapidement le terrain, ce qui limite la croissance des mauvaises herbes, détaille Stéphane Jézéquel. Il disparaît dès les premiers gels pour laisser la place au développement des autres légumineuses. » Autre possibilité, implanter de la luzerne ou du sainfoin dans de la féverole semée fin septembre-début octobre. Le pois chiche peut aussi servir de plante d’installation vers la mi-fin janvier et recevoir la légumineuse pérenne un mois plus tard. Elle servira ensuite de couvert au blé dur ou au maïs l’année suivante. Après plusieurs années d’essai, les rendements de ces deux céréales sont en ligne avec ceux de la région. Il a fallu attendre la quatrième année du programme pour qu’ils parviennent à ce niveau.

Chantal Sarrazin

Fertilité améliorée

Les plantes servant de couverts végétaux apportent de la biomasse riche en carbone dans les sols. Des mesures de l’activité biologique des parcelles de l’essai ont été réalisées en 2015 et en 2020. Résultat, un gain de 0,1 % par an de matière organique. La quantité de biomasse bactérienne mesurée s’élève à 787 mg de carbone par kg de terre sèche. Cette valeur est deux fois supérieure à celle d’un sol lambda.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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