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Désherbage du vulpin en sortie d’hiver : mieux vaut s’y prendre tôt

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Traitement - Désherbage du vulpin en sortie d’hiver : mieux vaut s’y prendre tôt
L’application d’herbicides contre le vulpin doit intervenir le plus tôt possible pour profiter d’un sol humide, combiné à un stade des adventices plus jeune. © Claudius Thiriet

Qu’il s’agisse d’un rattrapage ou d’un premier vrai désherbage des vulpins, les conditions actuelles météo et de sol sont idéales pour intervenir.

Le désherbage des vulpins au printemps gagne à être effectué le plus tôt possible en blé : les performances des herbicides à base de sulfonylurés sont, en effet, « très dépendantes des conditions d’humidité du sol », montrent les résultats d’un essai d’Arvalis, réalisé en chambre climatique.

« L’absorption par les racines des spécialités à action foliaire est non négligeable lorsque le sol est humide, confirme Ludovic Bonin, ingénieur à l’Institut du végétal. Cela peut être lié au produit (Atlantis WG, à base de mésosulfuron et iodosulfuron, a été testé dans l’essai), ou bien aux plantes qui sont moins stressées et plus réceptives que lorsque le sol est sec. »

Les conditions optimales se rencontrent ainsi plutôt en toute sortie d’hiver qu’au mois d’avril, et les adventices sont d’autant moins développées. À noter que l’autre spécialité testée par Arvalis, Kalenkoa (à base de mésosulfuron, iodosulfuron et diflufénicanil), s’est révélée moins sensible à la sécheresse.

Des substances chimiques limitées

« Il existe peu de diversité de mode d’action pour lutter contre le vulpin en sortie d’hiver : les foliaires du groupe A, ou les sulfonylurées antigraminées du groupe B », rappelle le spécialiste. Les mélanges sont possibles, et certains produits combinent d’ailleurs des substances des deux groupes, pour compléter le spectre et renforcer l’efficacité. « Les agriculteurs peuvent être tentés de baisser les doses des deux produits pour limiter les coûts, surtout s’ils ont déjà investi dans un désherbage à l’automne. Pour obtenir un résultat satisfaisant, il faut pourtant appliquer des doses efficaces, qui sont souvent proches de celles homologuées », met-il en garde. Si les mélanges sont valables sur les vulpins sensibles, certaines populations sont résistantes aux herbicides d’un groupe ou l’autre, ou aux deux. « Dans ce cas, il n’y a plus rien à faire : un programme de désherbages de prélevée et/ou postlevée a, en général, été réalisé à l’automne. L’agriculteur a déjà investi et ne souhaite pas revenir. »

Revoir le système

Lorsque le désherbage en culture a atteint ses limites, d’autres leviers agronomiques doivent être envisagés, comme le décalage de la date de semis. « Ce n’est pas toujours évident, notamment dans un contexte d’automne très humide, mais c’est un levier puissant pour diminuer la pression des vulpins présents en forte densité, explique Ludovic Bonin. Leur nuisibilité est réduite, et le programme de désherbage souvent moins important. »

Travail du sol, labour… Quelques éléments du système sont à même d’être modifiés, dans la mesure du possible, en fonction du matériel disponible ou du type de sol. « Des leviers, comme le faux-semis, moins intéressant intrinsèquement, peuvent être combinés, ajoute-t-il. En Angleterre, par exemple, on joue sur la densité de semis et les écartements pour viser une meilleure couverture par la céréale. »

Justine Papin

Une solution mécanique possible

Un désherbage mécanique peut également se positionner au printemps. Cependant, avec une difficulté  : « Les adventices sont alors un peu plus développées, prévient Ludovic Bonin, ingénieur chez Arvalis. Il ne faut pas en attendre des miracles. »

Le recours au binage ou à la herse étrille est envisageable, mais cette dernière nécessite néanmoins plusieurs passages pour être efficace, « ce qui peut perturber la culture et entraîner des pertes de rendement, commente le spécialiste. Cette solution se considère au cas par cas, sans être trop exigeante ».

À savoir

En cas de résistance ou de densité importante de vulpins, un désherbage à l’automne est à privilégier.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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