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Des variétés de lupin pour climat frais

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Précocité. Il existe encore un gros enjeu pour gagner en précocité © A DUFU MIER

La recherche, essentiellement orientée à destination des bassins traditionnels du Poitou-Charentes, offre de nouvelles perspectives au nord de la Loire.

Plante facile à battre, peu sensible à l’égrenage, captant l’azote de l’air par ses nodosités et nécessitant peu d’interventions phytosanitaires, ou encore pouvant se passer d’un apport phospho-potassique, concentrée en lipides avec des taux de protéines dans la graine de 35 % de moyenne… La culture de lupin est également une excellente tête d’assolement qui restitue de l’azote au sol, mais qui souffre de sa réputation de culture risquée ainsi que peu productive.

Cependant, le critère de précocité, qui a été travaillé par la sélection variétale afin de permettre une meilleure esquive du cycle végétatif face aux coups de secs et coups de chaud du climat du Poitou-Charentes, offre par ricochet, aujourd’hui, des solutions pour des problématiques différentes des climats plus frais du nord de la Loire. Des essais de la chambre d’agriculture du Calvados montrent régulièrement des rendements supérieurs à 50 quintaux par hectare.

Raccourcir les cycles

La recherche sur les lupins blancs d’hiver (à fleurs bleues) a abouti, il y a une trentaine d’années grâce à l’Inra, vers des écotypes plus précoces à floraison. Les premières variétés de type Luxe étaient géantes, non déterminées avec des floraisons tardives et des écarts de maturité à la récolte.

Au début des années 2000, la recherche française a été reprise par Jouffray-Drillaud qui s’est orienté vers la sélection de variétés naines et déterminées. L’arrivée des variétés de type Lumen et Clovis offre actuellement une deuxième chance à la culture dans des secteurs frais tels que la Normandie. Dernièrement, les variétés Orus et Magnus ont fait leur sortie commerciale en renouant avec des gabarits plus élevés, plus productifs mais plus versants.

Deux variétés de lupin blanc de printemps sont cultivées au nord de la Loire. Amiga (obtention 1984) est plus riche en protéines, mais plus tardive que l’obtention plus récente Feodora (2004) également supérieure en rendement, résistante aux maladies avec une bonne vigueur au démarrage. La toute nouvelle variété Figaro (2014) semble également prometteuse.

Le lupin bleu de printemps offre des perspectives de marché intéressantes en oisellerie avec une jolie graine à la robe tigrée. Le cycle s’apparente à celui d’un pois, avec une excellente force au démarrage et une importante résistance aux maladies qui permet de se passer de traitement de semences et fongicide. Ainsi, « Deux bonnes variétés sont cultivées : Boregine et Arabella », mentionne la chambre d’agriculture du Calvados. À titre exploratoire, cette dernière a testé des variétés de lupin jaune de printemps, la plus cultivée au monde, qui offre un taux de protéine fabuleux de 45 %, soit un concentré en graine pure encore plus riche qu’un tourteau de soja. La culture est très précoce, mais les levées difficiles et les rendements trop faibles (15 q/ha).

Alexis Dufumier
Expert
« Adapter les densités à la parcelle » Gérard Bavière, conseiller à la chambre d’agriculture du Calvados

Jusqu’à présent, nous avons orienté les producteurs vers des doses de semis fortes afin d’étouffer au maximum les mauvaises herbes et de se prémunir des problèmes de limaces. Nous constatons que ces doses élevées peuvent aussi poser des problèmes de verse. Désormais, nous devrons travailler à adapter finement les doses de semis en fonction du contexte de la parcelle et des types de sols. Ce sera d’autant plus nécessaire avec les nouvelles variétés plus hautes de lupin blanc d’hiver de type Magnus ou Orus.

Structure du sol

Le lupin est doté d’un pivot boisé et dur en « piquet d’acacia ».

« C’est le pivot le plus puissant qui existe en grandes cultures. Il agit comme une sous-soleuse », souligne Gérard Bavière, conseiller à la chambre d’agriculture du Calvados.

Le lupin est ainsi une excellente tête d’assolement qui restitue également de l’azote au sol.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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