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Des pêches de qualité à un coût maîtrisé

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Production HVE - Des pêches de qualité à un coût maîtrisé
David et Marie © Massot ont amélioré la conduite de leurs vergers afin de concilier rendement et qualité, tout en réduisant le temps de travail. © F. Ehrhard

Spécialisé dans la production de pêches et de nectarines, David Massot a opté pour un verger piéton avec prétaillage mécanique.

Installé à Corbère, dans les Pyrénées-Orientales, David Massot investit à fond depuis cinq ans dans les plantations de pêchers et nectariniers. « Entre 2012 et 2015, j’ai dû arracher 12 hectares de vergers de moins de cinq ans contaminés par le virus de la sharka, ainsi que de nombreux arbres isolés. Mais j’ai fait le choix de rester spécialisé dans cette production, car sur le marché, il y a une bonne demande pour les pêches et nectarines françaises de qualité », affirme-t-il.

100 ha de vergers

Afin de conserver un potentiel de production pendant qu’il arrachait pour assainir, David a replanté 40 ha sur un site situé à trente kilomètres de là, dans une zone indemne de sharka. Aujourd’hui, avec sa femme Marie, ils arrivent à 100 ha de vergers. Son beau-père, Didier Brial, en cultive autant avec son neveu. Les deux exploitations, certifiées en HVE, conditionnent et vendent leurs fruits ensemble. « Notre objectif est de produire des pêches et nectarines d’un bon standard de qualité, avec des rendements et des coûts maîtrisés, pour que les prix restent accessibles aux consommateurs », explique l’arboriculteur, qui a fait appel à un consultant, Christophe Fournerie, pour l’accompagner dans l’amélioration de la production.

Depuis cinq ans, ils replantent des pêchers afin de reconstituer le potentiel. © Frédérique Ehrhard

Afin de faciliter le travail, David a opté pour des vergers piétons récoltés du sol, ou avec un escabeau de deux marches. Les arbres, plantés à 5,5 m x 3 m, sont conduits en gobelet, avec quatre charpentières bien ouvertes. La moitié de la taille se fait désormais en vert durant l’été. « Avec une prétailleuse, nous ramenons les arbres au gabarit en hauteur et sur les côtés, explique-t-il Nous passons également à l’intérieur, avec deux barres de coupes placées en V, de façon à maintenir l’ouverture. »

Des fruits mieux nourris

La lumière pénètre mieux, ce qui améliore le retour à fleur, ainsi que la maturation des fruits. L’aération de la végétation réduit la pression des maladies de conservation et facilite l’action des traitements. La sélection des rameaux productifs se fait dans l’hiver, puis au moment de la floraison, en même temps que l’ajustement de la charge. « Nous arrivons ainsi à des rendements réguliers, adaptés au potentiel de la variété et à la vigueur de la parcelle, afin d’obtenir des fruits d’une bonne qualité gustative », précise-t-il.

L’intérieur des arbres est dégagé avec deux barres de coupes positionnées en V. © Frédérique Ehrhard

Pour atteindre cet objectif, David a également amélioré la nutrition, en commençant par les sols : « Nous les décompactons et leur apportons du compost de déchets verts tous les ans. » Avec deux rangées de goutteurs de part et d’autre du rang, le volume exploré par les racines des arbres est plus grand. « Et grâce à la ferti-irrigation, nous ajustons les apports d’engrais en fonction du cycle afin d’obtenir une croissance plus régulière des arbres », ajoute-t-il. Avant la récolte, une période de restriction hydrique permet d’augmenter le taux de sucres et la tenue des fruits. « Nous cueillons ensuite en trois ou quatre passages, pour optimiser la maturité. »

En mécanisant une partie de la taille et de l’éclaircissage, l’arboriculteur a réduit les temps de travaux. La taille ne nécessite plus, en moyenne, que 80 à 100 h/ha et l’éclaircissage 150 à 200 h. Le rendement de cueillette atteint 100 kg par heure et par personne. « Avec des coûts moindres, nous avons regagné de la marge, souligne-t-il. Conditionner et vendre nous-mêmes nous y aide aussi. Tout cela nous a permis d’investir pour renouveler nos vergers. »

Avec l’entrée en production des jeunes plantations, le volume commercialisé passera de 3 000 à 4 000 tonnes dans les années à venir. « La prochaine étape sera de construire une station de conditionnement plus grande et plus fonctionnelle », conclut l’exploitant.

F. Ehrhard

18 hectares d’abricotiers en complément

 À côté de 92 ha de pêchers et nectariniers, David cultive 18 ha d’abricotiers, une espèce plus tolérante au virus de la sharka. « J’en ai implanté dans des parcelles où il y avait beaucoup de pêchers atteints par la maladie tout autour, et sur un site où le terroir permet d’obtenir d’excellents abricots », précise-t-il. La production des abricotiers est plus variable d’une année à l’autre que celle des pêchers. « Le rendement commercialisé n’est que de 12 à 15 t/ha, contre 28 t/ha en pêches et nectarines. Le marché est aussi plus difficile. Mais en sélectionnant uniquement des variétés d’une bonne qualité gustative, nous arrivons à intéresser nos clients. »

Prévention renforcée contre la sharka

Après arrachage d’un verger contaminé, David laisse les sols reposer deux ans, en y cultivant du sorgho avant de replanter, ce qui assainit le sol. « Au printemps, je modère les apports d’azote afin d’éviter d’avoir des arbres trop appétents pour les pucerons verts vecteurs du virus de la sharka », explique l’arboriculteur. Il a constitué deux équipes formées à la reconnaissance de la maladie sur feuilles, qui passent trois à quatre fois par an dans les vergers. Les saisonniers qui viennent éclaircir et récolter sont formés à la reconnaissance sur fruits. Dès qu’un arbre contaminé est repéré, il est marqué puis arraché. Pour l’instant, il y en a très peu. « Autour de nos vergers, les cultures se sont diversifiées. La situation est assainie, mais nous restons vigilants. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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