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Des mélanges variétaux pour limiter les maladies

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Les interactions plante-plante pourraient constituer un nouveau levier pour la conception de systèmes de culture diversifiés. © Jerôme Chabanne

Une équipe de chercheurs explore les interactions plante-plante dans le cadre de mélanges de deux variétés. Les résultats sont encourageants, mais encore difficile à expliquer.

Il est de nature connue que les cultures associées et les mélanges variétaux ont des effets positifs sur le contrôle des maladies, en freinant notamment la dispersion des agents pathogènes et des ravageurs dans le milieu. À titre d’exemple, il a été montré que la culture de blé, en mélange avec du haricot, diminue de 49 % l’oïdium du blé. De même, les symptômes d’ascochytose sont réduits de 82 % sur les fèves cultivées avec du triticale.

Pression maladie réduite

Partant de ce constat, Jean-Benoît Morel, chercheur à l’Inrae Occitanie-Montpellier, et son équipe se sont intéressés aux « interactions plante-plante », l’effet d’une plante sur une autre, dans les systèmes de culture. « Ces interactions et leurs effets sur le fonctionnement des plantes sont un domaine de recherche encore peu exploré. Elles pourraient constituer un nouveau levier pour la protection des cultures. Nos études sur les mélanges de blé mettent en évidence que certaines paires de variétés abaissent jusqu’à 50 % le niveau de maladies fongiques foliaires. Il serait réalisable de faire de la génétique des mélanges et d’identifier les meilleures combinaisons de génotypes en vue de contrôler l’incidence des maladies. »

Sensibilités variables

Le travail du scientifique s’est en partie porté sur l’évaluation de la sensibilité d’un mélange de blés durs exposé à la rouille brune, Puccinia triticina. Des essais au champ avec inoculation de cette souche ont donné une réduction de la maladie lorsque les composants du mélange avaient des niveaux de sensibilité très différents de l’agent pathogène.

Ce résultat serait partiellement dû à un phénomène de barrières épidémiologiques, qui bloque la dispersion. « Par exemple, Argeles, qui est peu sensible, protège Sculptur, qui ne l’est pas, en diluant l’inoculum. Et inversement, Sculptur augmente le niveau de sensibilité d’Argeles en maintenant dans le mélange un fort niveau d’inoculum. La réduction de sensibilité de Sculptur est à peu près équivalente à l’augmentation de sensibilité d’Argeles. Il s’agit d’un cas d’effet à somme nulle, c’est-à-dire que l’un des deux composants du mélange est moins malade et l’autre plus. »

D’autres mélanges de variétés à niveau de sensibilité équivalente ont développé, au contraire, des symptômes moins forts de la maladie. « Dans ce type de cas, il est possible que des interactions plante-plante ayant eu lieu au champ aient modifié la résistance des plantes », souligne le chercheur.

Justine Papin

Différents mécanismesimpliqués

Outre la dilution de l’inoculum, une compétition différentielle pour les ressources du sol et une communication plante-plante pouvant déclencher leur immunité figureraient parmi les processus en jeu. « Les interactions plante-plante, de façon directe ou indirecte, pourraient transformer la physiologie des plantes (métabolisme, immunité…) au point de modifier leur niveau de résistance aux agents pathogènes », explique Jean-Benoît Morel, de l’Inrae Occitanie-Montpellier.

Le riz à l’étude

Les interactions plante-plante ont fait l’objet d’essais sur le riz en Chine. Comme pour le blé, la tendance générale observée au champ montre que les mélanges réduisent le niveau de maladie.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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